Ahmed Hajeri, L’Insécurité de Saïda, 1995, technique mixte, 123 x 99,5 cm
Galerie Arcanes
du 27 avril au 22 mai, 12, rue Abou Faris Al Marini, quartier Hassan, place Pietri, Rabat
Tél . 05 37 76 97 95

L’Insécurité de Saïda, 1995, technique mixte, 123 x 99,5 cm

La galerie Arcanes sort de l’abstrait pour exposer ce peintre tunisien dont l’œuvre aux accents naïfs et un brin décorative est attachante, comme les rêveries de son auteur.
Ahmed Hajeri se définit lui-même comme un artiste autodidacte, hors normes. Ni complètement naïf ni totalement brut. Il peint tout simplement ses rêves sans perspective ni respect des volumes. Ma vie, s’amuse cet ancien technicien, « est vraiment un film ». On le comprend quand il retrace son parcours exceptionnel. Il rencontre dans les années 70 un architecte pour qui il exécutera des dessins techniques. Remarquant ses dons artistiques, ce dernier le pousse à les développer dans la peinture et lui fait rencontrer l’artiste Jean Dubuffet ainsi que le propriétaire de la galerie Messine du peintre naïf connu Chaissac. Du jour au lendemain, Ahmed Hajeri connaît la célébrité et voit sa cote grimper sur les marchés français et américain. « Je ne voulais pas y croire, se souvient-il. J’en suis même tombé malade. Mais, peu à peu, j’ai bien vu que ma peinture était très appréciée. »
Personnages aériens, libérés de toute pesanteur, aux couleurs chatoyantes, oranges, rouges mais surtout bleus. Un bleu azur venu de loin. « Je baigne encore et toujours dans mes souvenirs d’enfance à Tazerka en Tunisie. A l’orphelinat, où je vivais avec mes frères, j’étais déjà différent. Quand les autres enfants jouaient, je me tenais à l’écart. Dans cet orphelinat au bord de la mer, je fixais le rivage bleu et restais là pendant des heures à rêver, j’écrivais même des poèmes, en arabe. Comme moi, mes personnages ne sont ancrés nulle part. Ils planent […] Dans ma peinture, il n’y a ni perspective ni trompe-l’œil. Mes personnages sont dessinés dans l’air du ciel », dans l’aire du ciel. (…)
Extraits de « Ahmed Hajeri, Vestiges des jours à Tazerka». Retrouvez le texte intégral sur diptyk n°5, avril/mai, p. 22.
Mona Tamar
, le 21 Avril 2010

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