Usant souvent, pour ses installations, de matériaux domestiques, l’artiste développe un langage visuel singulier pour dénoncer les faux-semblants dans une œuvre puissante, entre politique et poésie.
3-D Cities, 2008, cartes imprimés, bois, 78 x 362 x 180 cm, édition de 5
© A. Osio
Extraits de l’entretien « Mona Hatoum, utopies rebelles ». Retrouvez le texte intégral sur diptyk magazine n°5, avril/mai, p. 74.

Web, 2006, Measures of Entanglement, UCCA, Beijing, 2009
© A. Osio


Jardin suspendu, 2008, installation, sacs de jute remplis de terre, semés de graines et d’herbes, dimensions variables
© A. Osio


Impenetrable, 2009, acier vernis noir, fils barbelés, 300 x 300 x 300 cm, édition de 3
© A. Osio


Conversation Piece, 2009, fil, perles de verre, dimensions variables
© A. Osio


3-D Cities, 2008, cartes imprimés, bois, 78 x 362 x 180 cm, édition de 5
© A. Osio


A Bigger Splash, 2009, verre de Murano, dimensions variables, édition de 6
© A. Osio


Witness, 2009, porcelaine, biscuit, 49 x 24,3 x 24,3 cm, édition de 10
© A. Osio

D’origine palestinienne, Mona Hatoum est née à Beyrouth en 1952. Depuis plus de vingt ans, elle aborde les problématiques liées au corps, à la construction du langage, aux conditions de l’exil, donnant lieu à une œuvre forte et multiple, monumentale et fragmentaire, entre politique et poésie. (…)
Quel était l’esprit de vos performances des années 1980 ?
Mona Hatoum : Vu d’aujourd’hui, c’est un peu comme une vie antérieure ! Enfin, chacune de mes performances, assez narratives, comportait un message critique, avec un côté assez protestataire. Fondées sur des idées précises, elles constituaient des sortes d’états de fait. A cette occasion, j’utilisais déjà certains objets dans un sens symbolique. En 1985, j’avais décidé par exemple de marcher pieds nus dans les rues de Brixton à Londres. Avec, attachées à mes chevilles, une paire de bottes du type Dr Martens surtout portées en Grande-Bretagne par la police et les skinheads. Le tout, dans un quartier considéré comme la « capitale » de la communauté jamaïcaine de Londres. C’était un choix très significatif de traverser cet espace urbain qui avait connu des émeutes raciales extrêmement graves l’année précédente. En même temps, il y avait cet aspect comique et vulnérable, cette manière désenchantée de traîner ces chaussures derrière moi. Comme l’expression marginale d’un créateur par rapport au marché de l’art. Après cela, j’ai préféré élaborer des installations avec lesquelles le public pouvait interagir, au lieu d’être celle qui agissait pour donner sens à l’œuvre.
En tant qu’artiste libanaise, vos origines palestiniennes influencent-elles votre travail ?
En fait, je déteste les interviews à cause de cette question qui revient systématiquement. Mais je n’ai pas, de ce point de vue, de stratégie particulière qui engagerait mon héritage culturel ou tenterait d’illustrer mon background. Parfois, mon appartenance s’exprime de façon inattendue. Parfois, elle n’apparaît pas. Quand je me décide pour une exposition, j’évalue d’abord tous les aspects relatifs à l’événement. Tels que le lieu d’exposition, son histoire, ses antécédents, ses propriétés. Enfin, tout ce qui tient à cet espace, en dehors même de ses murs, jusqu’à l’environnement plus ou moins proche auquel il appartient culturellement. Pour la plupart, ces éléments d’information n’ont jamais rien à voir avec mes origines. En revanche, je peux m’en inspirer pour les intégrer d’une manière déplacée dans le contexte de mon travail. Pour opérer comme une sorte de glissement dialectique. Ce sont des conditions d’action qui m’inspirent aussi bien dans ma psyché que sur le plan plastique et visuel. (…)
Extraits de l’entretien « Mona Hatoum, utopies rebelles ». Retrouvez le texte intégral sur diptyk magazine n°5, avril/mai, p. 74.
Renaud Siegmann
, le 23 Avril 2010

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