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Farid Belkahia, Epidermique et intransigeant

 actu

Exposition jusqu’à fin juin
Galerie Venise Cadre
25, bd Moulay Rachid, Casablanca
Imaginée par l’artiste, une nouvelle histoire de la terre et du ciel
Imaginée par l’artiste, une nouvelle histoire de la terre et du ciel
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Réminiscences de Gaudi, un hommage de Belkahia.
Réminiscences de Gaudi, un hommage de Belkahia
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Partout dans l’atelier s’imbriquent courbes et sinusoïdes
Partout dans l’atelier s’imbriquent courbes et sinusoïdes
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Dans ses œuvres récentes, le cuivre refait apparition
Dans ses œuvres récentes, le cuivre refait apparition
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Un atelier où se lisent les empreintes  d’une vie riche d’expériences artistique
Un atelier où se lisent les empreintes d’une vie riche d’expériences artistiques, d’émotions...
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Dans la palmeraie de Marrakech se niche l’atelier de Farid Belkahia, un lieu où se déroule depuis plusieurs décennies une histoire forte, celle d’un peintre qui a révolutionné l’art marocain.

 « Je prends un rêve sur un papier et je le rends possible. Je le concrétise », confie Belkahia en feuilletant des dizaines de dessins réalisés au fil des années et rangés soigneusement dans un coin de son atelier. « Ce qui distingue le rêve de la réalité, c’est que l’homme qui songe ne peut engendrer un art : ses mains sommeillent. L’art se fait avec les mains. Elles sont l’instrument de la création mais d’abord l’organe de la connaissance », écrit Henri Focillon (1). Entre les croquis sages et les œuvres tatouées de mémoire et de signes ancestraux qui habitent chaque recoin de l’atelier de Belkahia, il y a les grandes mains de l’artiste, solides, rugueuses, ouvertes, prêtes au labeur comme à la caresse. Des mains qui travaillent sévèrement la peau comme celles d’un tanneur, la métamorphosent en une étendue parchemin, l’impriment délicatement de couleurs naturelles d’alchimiste, découpent le support en bois comme un menuisier, assemblent en les cherchant les formes et les courbes pour donner à l’œuvre son corps final, pour signer son passage de l’épreuve de la mort et de la putréfaction à celle de la vie. Des mains d’artiste artisan que celles de Belkahia. Le premier à avoir donné à la peinture marocaine une nouvelle dimension, hors du cadre occidental habituel.

Belkahia aime son bric-à-brac venu d’ailleurs
Pénétrer dans l’atelier de Belkahia, c’est répondre à une invitation au voyage. On y avance avec précaution d’une pièce à l’autre, comme dans une ville étrangère pour essayer d’en retenir en vain quelques repères, et chaque fenêtre est une vue sur œuvres parfaites ou en devenir. Une caverne d’Ali Baba où s’entassent pêle-mêle des objets rapportés de voyages, des tapis anciens enroulés et reposant sur un lit à baldaquin, des outils, des maquettes, des tables chantiers, des livres, des dessins, des peaux tendues sur bois, des œuvres de différentes époques, des souvenirs, des photos… Un atelier à l’image d’une maison de famille proustienne où partout se lisent les empreintes proches ou lointaines d’une vie riche d’expériences artistiques, d’émotions et de vécu qui vibre encore. (…)
 
Lire le texte intégral « Farid Belkahia, Epidermique et intransigeant », sur diptyk n°6, juin/juillet 2010.
 
 
1. Eloge de la main, vie des formes, Henri Focillon, Paris, Quadrige/PUF, 1996, p.112.
 
AFAF ZOURGANI , le 1 Septembre 2010

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