Terre, cendre, clous, alun..., avec ces matériaux symboliques liés à des rituels séculaires, l’artiste Hassan Bourkia a préparé pour Venise Cadre une œuvre belle et grave, engagée.




Un souffle nouveau s’empare de la vénérable institution Venise Cadre. Longtemps courtisée par les orientalistes et les figuratifs, la vieille demoiselle succombe peu à peu aux attraits de la peinture marocaine ultra contemporaine. Un souffle nouveau, une brise rafraîchissante qui amène dans son sillage les belles toiles de Hassan Bourkia.
D’une sobriété émouvante, la palette utilisée par l’artiste se constitue d’un camaïeu de gris et de terre. La terre est la matière première du travail de Bourkia qui en est devenu un spécialiste. Il a appris à en reconnaître les différentes variétés, à les distinguer et à les travailler : « Les terres ne sont pas semblables, il y en a de molles, de fragiles, de têtues, de connues, de hantées par l’histoire, par les traces des hommes, leurs rêves inachevés, leur sueur, leur sang, leur désir inaccessible. » Une terre millénaire dont semble sourdre une mélopée ancestrale aux sonorités africaines, mystiques. Un chant chamanique qui nous hypnotise en une longue contemplation. De la terre donc, une sobriété irréprochable, oui, mais aussi de la cendre, de la chaux, des clous, de la pierre d’alun…

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