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Hassan Bourkia, « La nuit est aussi un soleil »

Terre, cendre, clous, alun..., avec ces matériaux symboliques liés à des rituels séculaires, l’artiste Hassan Bourkia a préparé pour Venise Cadre une œuvre belle et grave, engagée.

 

Actu
 
«Moi j'écris, toi tu lis»
Du 25 février au 23 mars
Venise Cadre
25 Bd Moulay Rachid, Casablanca
Tél. 05 22 36 60 76
Sans titre, technique mixte sur toile,  2009-2010
Sans titre, technique mixte sur toile, 2009-2010
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Sans titre, technique mixte sur toile,  2009-2010
Sans titre, technique mixte sur toile, 2009-2010
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Un souffle nouveau s’empare de la vénérable institution Venise Cadre. Longtemps courtisée par les orientalistes et les figuratifs, la vieille demoiselle succombe peu à peu aux attraits de la peinture marocaine ultra contemporaine. Un souffle nouveau, une brise rafraîchissante qui amène dans son sillage les belles toiles de Hassan Bourkia.

D’une sobriété émouvante, la palette utilisée par l’artiste se constitue d’un camaïeu de gris et de terre. La terre est la matière première du travail de Bourkia qui en est devenu un spécialiste. Il a appris à en reconnaître les différentes variétés, à les distinguer et à les travailler : « Les terres ne sont pas semblables, il y en a de molles, de fragiles, de têtues, de connues, de hantées par l’histoire, par les traces des hommes, leurs rêves inachevés, leur sueur, leur sang, leur désir inaccessible. » Une terre millénaire dont semble sourdre une mélopée ancestrale aux sonorités africaines, mystiques. Un chant chamanique qui nous hypnotise en une longue contemplation. De la terre donc, une sobriété irréprochable, oui, mais aussi de la cendre, de la chaux, des clous, de la pierre d’alun…

 
Une peinture qui « réfléchit »
 
Le travail de Bourkia est aussi un travail engagé, ses dernières toiles il les a peintes durant la période trouble des incursions israéliennes d’abord au Liban, puis à Gaza. Les paysages de feu, de cendre, de désastre lui ont inspiré cette belle peinture dont il aime à dire « qu’elle réfléchit ». Une peinture grave, donc, qui prend parti pour les vaincus, les meurtris, d’où la sobriété dans l’expression. Et ce chant entendu au début devient un chant de douleur qui s’élève de cette terre calcinée, de ces cendres encore fumantes et de ce métal en décomposition. La peinture devient alors acte de résistance, lutte pour être entendue, manifeste d’humanité. Celle de Bourkia porte en elle les stigmates de ces joutes, elle témoigne du refus de capituler (…)
 
Extrait de « Hassan Bourkia, « La nuit est aussi un soleil » », p. 14. Retrouvez le texte intégral sur diptyk n°4, février/mars.
 
Syham Weigant , le 26 Février 2010

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