La pierre, Hassan Echaïr l’entasse, l’ordonne, la suspend, la relie à des bouts de bois, jouant avec les lois de la pesanteur, sans cesse à la recherche d’un équilibre, qui est aussi celui de l’être humain.

Hassan Echaïr, Sans titre, 2009, bois, ficelle et pierres noircis,  technique mi

Hassan Echaïr, Sans titre, 2009, bois, ficelle et pierres noircis
Technique mixte sur toile tirée sur contreplaqué, 205 x 70 cm
© Hassan Echaïr

Actu

Loft Art Gallery, Jusqu’au 8 mars
13, rue El Kaissi (ex-rueRicquet) Triangle d’or Casablanca
Tél.  05 22 94 47 65
sites/diptykmag.com/files/diptyk/visuel_echair_2_0.jpg

(…) Hassan Echair se souvient d’avoir, très jeune, vécu quelques mois dans un camp de nomades. Le msid était matérialisé par quelques pierres posées pour maintenir les cordes d’une tente.

 

L’enfant n’arrivait pas apprendre par cœur les versets du Coran. Il fallait, pour échapper à la punition du fqih, rompre l’équilibre fragile du msid mobile. « Avec un morceau de verre nous tailladions la corde ; la tente se mettait à osciller et le fqih nous ordonnait de sortir. Ces moments passés à ramener des pierres étaient une perte de temps… pour reculer le moment fatidique de la récitation. »
 
Vingt ans plus tard, Hassan Echaïr s’en va à la recherche de pierres, les accumule, les ordonne, les suspend, cette fois pour sa première installation, en 1994. Depuis, il ne cesse d’explorer à travers la pierre toutes les facettes de l’équilibre, celui de l’être humain. « La pierre est liée à la terre ; c’est une mémoire qui a toujours accompagné l’homme de son énergie, pour faire le feu, pour construire, pour faire la guerre…. La géographie des pierres est également différente d’une ville à l’autre. Elle représente l’Homme imprégné de ce qui l’entoure. » (…) L’exposition à la Loft art gallery est une autre histoire de cette vaine tentative de rattacher l’Homme fragmenté et déraciné à son monde. Avec des toiles « qui sont, explique Echair, l’ombre portée de mes installations », et une construction jouant avec un équilibre toujours précaire. (…)
 
Extrait de « Hassan Echaïr, Entre ciel et terre», p. 18. Retrouvez le texte intégral sur diptyk n°4, février/mars.
 
Mona tamar , le 26 Février 2010

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