HayvKahraman révèle un monde intérieur féminin en proie à une violence sourde, avec des compositions nourries de miniature persane, de Renaissance italienne, de calligraphie arabe et extrême-orientale ou encore d’Art Nouveau.
Actu
«Seven Gates»
Jusqu’au 12 février 2010
Green Cardamomgallery, Londres.
«Waraq»
Du 6 mai au 13 juin 2010
Frey Norris gallery San Francisco.

First, Second, Third, Fourth, Fifth, Sixth, SeventhGate, 2009, oil on linen, 153 x 127 cm
Courtesy Hayv Kahraman, The Third Line & Green Cardamom


Tomato, 2008, oil on linen, 172,7 x 76,2 cm
Courtesy Hayv Kahraman, The Third Line & Green Cardamom


Hayv Kahraman at work
Courtesy Hayv Kahraman, The Third Line & Green Cardamom

A la galerie Green Cardamon de Londres, Hayv Kahraman a décliné dans une exposition personnelle intitulée « Seven Gates », l’un des mythes de la déesse sumérienne Inanna. A travers sept tableaux, l’artiste irakienne figure les étapes de la descente aux enfers effectuée par la déesse de l’amour, de la fécondité et de la guerre pour sauver l’humanité.
Devant réunir ses sept « moi », elle franchit les sept portes du royaume souterrain parée de joyaux et de somptueux vêtements. A la première porte, un gardien lui demande d’ôter un habit. Et ainsi de suite jusqu’à la septième porte. Entièrement nue et sans défense, elle rencontre Ereskigal, sa sœur rivale, qui régit le monde des Enfers. Cette dernière veut la tuer en la pendant à une patère. Inanna, bien sûr, parvient à s’échapper et à sauver le monde. Selon Hayv Kahraman « la descente d’Inanna symbolise un mythe de transformation et de maturation féminine ».
Ses sacrifices pour sauver l’humanité correspondraient à un cycle inévitable où vie et mort s’entremêlent, où la souffrance est requise pour que se produise un réel changement. Hayv Kahraman s’intéresse aux mythes : « Je suis une rêveuse, dit-elle. Faire référence au monde actuel est une constante chez moi, mais je préfère toujours mêler mythe et réalité pour aborder les thèmes difficiles de la violence. »
Marquée par le surréalisme, Hayv s’abandonne dans sa pratique au pouvoir des rêves et du subconscient : « Le monde extérieur n’était pas vraiment important ou du moins c’est ce que je croyais lorsque j’étais jeune », confie-t-elle. « J’utilise toujours le dessin automatique dans le processus de création. J’intègre cette étape au début de chacune de mes productions. »
Pour cette artiste qui a dû quitter brutalement son pays, l’art est aussi un moyen de se rattacher à son identité. A Bagdad, elle voulait devenir danseuse de ballet. A 11 ans, elle quitte avec ses parents l’Irak pour la Suède. Là-bas, une odieuse professeur de danse brise son rêve de petite fille. Elle se tourne alors vers l’art qui devient « la nourriture de [son] âme ».
Hayv a toujours aimé peindre, que ce soit sur les murs de sa maison d’enfance, à Bagdad, ou sur ceux de son atelier à Oakland, au Etats-Unis. Depuis 2006, HayvKahraman est devenue artiste professionnelle. Peu avant, elle était designer et illustratrice en Italie. (…)
Extrait de « Hayv Kahraman, Aux portes de l’inconscient féminin », p. 24. Retrouvez le texte intégral sur diptyk n°4, février/mars.
Katia Feltrin
, le 24 Février 2010

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