Magazine

L’atelier de : Djamel Tatah, le peintre des âmes errantes

Son regard est enveloppant. Tout comme son rire. Entre l’homme joyeux et les personnages fantomatiques de sa peinture, le contraste est inattendu.

Oeuvre de Djamel Tatah

Djamel Tatah, Sans titre, 2006, huile et cire sur toile, 2 x 180 x 160 cm
© l'artiste courtesy l'artiste et Kamel Mennour, photos l'artiste, Bertrand Huet, Jean François Losi, Le plateau, Marc Domage, Katia Feltrin

 

Extraits de « Djamel Tatah, le peintre des âmes errantes ». Retrouvez le texte intégral sur diptyk n°2, page 82.

 

Portrait de l'artiste Djamel Tatah dans son atelier à Paris
L'artiste Djamel Tatah
sites/diptykmag.com/files/diptyk/p1060844_copie.jpg
L'artiste Djamel Tatah face à une de ses œuvres
Face-à-face complice et mimétique entre le peintre et son modèle
sites/diptykmag.com/files/diptyk/p1060868.jpg

La porte s’ouvre sur une pièce presque vide d’ornements. Un fauteuil orange, une table basse, un ordinateur, un tourne-disques, de larges pots de peinture et des pinceaux posés sur un étal. Les rideaux blancs sur la baie vitrée filtrent une lumière douce, paisible. Par endroits, les murs sont devenus palette. Ils portent la marque des coups de brosse, l’empreinte de la couleur et ressemblent à certains tableaux abstraits de l’« action painting ».

 

A l’intérieur, se meuvent des personnages à la peau diaphane, laiteuse, presque transparente. Lèvres roses et sourcils noirs. Cheveux et vêtements sombres. Les contrastes sont soutenus, appuyés, entre les visages de cire, blêmes, et les habits, souvent trop larges, couleur charbon, couleur funèbre. Personne dans le monde de Tatah n’échappe à la règle. Les enfants, les adolescents, les femmes et puis les hommes. Sur les peaux, Djamel peint l’essentiel, le minimum, le générique. Idem pour les vêtements. Il échappe au réalisme, à la description minutieuse des formes, des détails. Ses figures humaines deviennent des sortes de logo, des symboles, des icônes. Ils appartiennent à la signalétique, au résumé, au schéma. Dans cette logique d’inscrire ses personnages dans une généralité, dans une synthèse, le peintre signe toujours ses tableaux du côté pile, au dos de la toile. Pour laisser la surface vierge de toute marque extérieure. Jamais, ou très rarement, il ne donnera de titres à ses œuvres.

 

Julie Estève , le 8 Octobre 2009

Commentaires

Écrire un commentaire

*champs obligatoires
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
CAPTCHA
Filtre Anti-Spam
7 + 12 =
Votre commentaire sera publié après validation par le modérateur du site