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Le kitsch n’est plus l’ennemi de l’avant-garde !

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Mohammed Yassine Kadraoui

Mohammed Yassine Kadraoui, Couteau sous l'oreiller, 2011, détail

Pourquoi cette esthétique du faux et de la camelote, du moche et du saturé, longtemps opposée au bon goût, à la modernité et surtout à l’idée même d’avant-garde, intéresse-t-elle aujourd’hui tant les artistes ? De Koons à Murakami, pas un artiste aujourd’hui qui ne soit séduit par le kitsch.

Chayma Ejjakhch, Fulla 4, 2011
Chayma Ejjakhch, Fulla 4, 2011
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Ismail Ait Toulba, Moucharabieh, 2011
Ismail Ait Toulba, Moucharabieh, 2011
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Ilham Antar, Un amour de mouton, 2011
Ilham Antar, Un amour de mouton, 2011
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Repérée pendant Marrakech Art Fair, cette exposition-capsule réunira à la Galerie HD quelques étudiants hyper doués de l’Ecole supérieure des Arts Visuels autour du kitsch dans l’art. Pépites en perspective.

« Le kitsch, explique A.-A. Moles, auteur référence en la matière, c’est l’aliénation consentie, c’est l’anti-art, c’est le faux et le néo-quelque chose; mais c’est en même temps le confort dans les rapports de l’homme avec les objets, c’est une éthique en soi ». Mais pourquoi cette esthétique du faux et de la camelote, du moche et du saturé, longtemps opposée au bon goût, à la modernité et surtout à l’idée même d’avant-garde, intéresse-t-elle aujourd’hui tant les artistes ? De Koons à Murakami, pas un artiste aujourd’hui qui ne soit séduit par le risque qu’impose ce jeu sur les limites. Les jeunes étudiants qui se sont attaqués à cette entreprise portent un nom kabbalistique : le collectif 0524, rappelant l’indicatif téléphonique de Marrakech, leur ville d’origine.

Initialement encadrés par Fatima Mazmouz, artiste et enseignante, ils avaient proposé leur vision du kitsch dans des œuvres photographiques un peu déjantées qui ont tout de suite attiré les critiques les plus avisés. Cette fois, changement de décor. Après l’étage de l’ESAV, ce sont les cimaises de la Galerie HD qui accueillent les 5 artistes du collectif. Ils maîtrisent le sujet. Et en matière de kitsch, rien ne nous est épargné. Tout y est. Les « couleurs sentimentales », comme les qualifie Moles : le rose, le violet à volonté et le rouge. Les formes compliquées et les dispositifs imbriqués. Les surfaces brillantes et décorées jusqu’à saturation. Les jeux d’échelle, le trompe- l’œil ou l’effet matière…

« Allô Marrakech ? », Galerie HD, du 23 décembre 2011 au 14 janvier 2012

Lire la suite dans diptyk n° 13.

Meryem Sebti , le 20 Décembre 2011

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