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Mostafa Maftah, jeux de récré dans la médina

Après y avoir «fait ses courses» de couleurs et de thèmes, Maftah nous livre de la médina une vision ludique, filtrée par le prisme des enfants.

 

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«Made in Médina», jusqu’au 6 mars
Galerie Nadar
5, rue Al Manaziz Casablanca
05 22 23 69 00
L’œuvre de Maftah se situe dans une mouvance «art et société» qui explique sa pr
L’œuvre de Maftah se situe dans une mouvance «art et société» qui explique sa proximité à l’enfance. © Abderrahmane Doukkane
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© Abderrahmane Doukkane
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© Abderrahmane Doukkane
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Pour entrer dans l’univers de Mostafa Maftah, il faut arpenter les ruelles sinueuses de la médina, frôler parfois ses murs centenaires dans les passages les plus étroits et surtout, les sens en éveil, capter toute la vie et l’énergie qui s’en dégagent et être attentif aux jeux et piaillements des enfants qui en ont fait leur terrain de jeu.

 

Ce n’est donc pas par hasard que l’artiste a longtemps hésité entre deux titres pour son exposition qui se tiendra à la Galerie Nadar : Made in Medina, finalement retenu, et Vision de l’enfance et enfance de la vision, les deux thématiquess’imbriquant de façon inextricable dans le travail de Maftah. Ce dernier confie volontiers qu’il fait ses « courses artistiques » dans la médina, une médina particulière, vue à travers le prisme des enfants qui la peuplent et de leurs jeux en plein air. Les traces qu’ils laissent sur les murs ont été minutieusement observées par l’artiste qui en a reproduit certaines sur ses toiles. Les fonds ont les mêmes couleurs que les pigments qui couvrent les murs de toutes les médinas du Maroc – l’artiste préfère parler de l’ensemble de la Méditerranée : la chaux blanche, le rouge oxyde, l’ocre ou encore le bleu cobalt.
 
Comme sur les murs, souvent, une rupture marque la toile, qui correspond à la hauteur que peut atteindre la main de l’enfant ; et toujours, un univers ludique de jeux où se croisent marelles, cerfs-volants, manèges et autres voiturettes et cerceaux… Ils sont tracés sur la toile avec une laine d’acier particulière qui donne au dessin de Maftah une vie propre, l’érosion et l’effet de la rouille pouvant imprimer à ses traits certaines évolutions. (…)L’exposition est une forme d’aboutissement pour cet artiste qui s’est longtemps caché des galeries, repoussant les échéances pour peaufiner son travail. A nous maintenant d’aborder son œuvre et, comme des enfants, d’aller gratter ce qui se cache sous ses murs chaulés.
 
Extrait de « Mostafa Maftah, jeux de récré dans la médina», p. 10. Retrouvez le texte intégral sur diptyk n°4, février/mars.
 
Syham Weigant , le 26 Février 2010

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