Le nouveau directeur de la Villa Médicis à Rome, l’historien d’art Eric de Chassey, interroge dans son exposition « Les Mutants » la question de l’identité et de l’hybridation culturelle.
Adel Abdessemed, Usine, 2008, video projection

Djamel Tatah, Sans titre, 2009


Adel Abdessemed, Usine, 2008, video projection


Adel Abdessemed, Usine, 2008, video projection

Directeur de la Villa Médicis depuis la nomination de Frédéric Mitterrand au poste de ministre français de la Culture en septembre 2009, Eric de Chassey poursuit l’ambition d’ouverture de son prédécesseur avec sa première exposition à Rome, « Les Mutants », un ensemble de cinq monographies soulevant les questions de l’identité et de l’hybridation culturelle.
« Parmi ces cinq artistes, je peux dire qu’il y a trois Français (Djamel Tatah, Adel Abdessemed et Stephen Dean), deux Américains (Ellen Gallaher et Stephen Dean), un Albanais (Adrian Paci), un Algérien qui ne l’est plus (Adel Abdessemed), un Italien (Adrian Paci), une Capverdienne (Ellen Gallaher), une Irlandaise (Ellen Gallaher) » s’amuse Eric de Chassey pour insister sur la difficulté d’enfermer aujourd’hui un artiste dans une nationalité ou une identité culturelle.
Choisis pour étayer son analyse d’une création de plus en plus métissée, ces artistes sont des exemples vivants du programme d’Eric de Chassey basé sur des valeurs « d’échange, de circulation des êtres, des idées et des cultures ». Ce n’est donc pas un hasard si l’exposition est inaugurée par Rachid Taha, l’ami et modèle de Djamel Tatah, connu notamment pour avoir repris le morceau arabisant des Clash, Rock the Casbah, en 2004, en le surarabisant. « A Djamel Tatah on demande souvent “Où êtes-vous né ?” pour éviter de lui demander s’il est algérien, tunisien ou marocain. Djamel répond : “Je suis né à Saint-Chamond, originaire de la région Stéphanoise”», commente Eric de Chassey.
Les tableaux de Djamel Tatah à la Villa Médicis ne proposent pas de contenu identitaire identifiable. Au contraire, les personnages ressemblants interrogent une « forme d’universalité ». Pour Eric de Chassey, la variation et la répétition démontrent « que l’universalisme est lui-même une construction. […] Chez Adel Abdessemed, on est loin de cette vision éthérée. Avec lui, on plonge dans une utilisation spectaculaire de l’image collant de près à l’actualité. (…)
Extraits de « Villa Médicis, « Les mutants » sont parmi nous ». Retrouvez le texte intégral sur diptyk n°5, p. 28.
Katia Feltrin
, le 21 Avril 2010

Commentaires
villa pieds dans l eau
Waw, j'adore votre site, grand merci pour ces idées, et notez en 1er lieu que je suis pleinement d'accord avec vous ! Permettez-moi d'insister, oui votre article est excellent, je songeais à tout ça en plus l'autre jour. C'est mon tout 1er commentaire ici et je reviendrai avec plaisir sur ce blog !
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