Sous la plume alerte et érudite de Rabéa Ridaoui, ancienne présidente de l’association Casamémoire œuvrant à la réhabilitation du patrimoine architectural casablancais, et de Roland Carrée, enseignant en cinéma à l’École supérieure des arts visuels (ESAV) de Marrakech, l’ouvrage CinéCasablanca, La Ville Blanche en 100 films dresse un panorama des films, marocains ou internationaux, ayant pris comme décor la ville de Casablanca. Seule entorse à ce parti pris, le film éponyme de Michael Curtiz, dont on sait qu’il a été réalisé dans des studios hollywoodiens. Des films de propagande de l’époque coloniale jusqu’à la nouvelle génération de cinéastes incluant Hicham Lasri ou Nabil Ayouch, en passant par la vague avant-gardiste des années 1970 – dont De quelques évènements sans signification de Mostafa Derkaoui reste l’emblème –, la ville de Casa est une inspiratrice qui sert aussi de décor pour des films se déroulant au Caire ou en Chine, comme pour Kundun de Scorsese. Se lisant aussi comme une histoire du cinéma marocain, dans la lignée de La septième porte de Bouanani, le livre convoque des artistes vidéastes qui nous sont chers, tels que Randa Maroufi, Sido Lansari, Nadir Bouhmouch et Soumeya Aït Ahmed, dont le court-métrage expérimental Apartheid Casablanca vaut à lui seul le détour pour sa liberté de ton et son regard corrosif !
CinéCasablanca, La Ville Blanche en 100 films de Roland Carrée et Rabéa Ridaoui, éditions Le Fennec, 288 p., 200 DH


