Taper pour chercher

[DIPTYK 57] L’art au chevet d’un monde désorienté

Partager

Un pied de femme posé sur sa babouche, une table, une fillette coiffée de deux tresses et le jeu d’un emporte-pièce sur une pâte à biscuit. Pourquoi la photographie de cette scène ordinaire, publiée sur nos réseaux sociaux il y quelques semaines, a-t-elle ému aux larmes plusieurs de nos lecteurs ? Peut-être parce que l’artiste s’est souvenue de ce détail en apparence anodin, le pied de sa mère, et qu’elle a choisi de lui faire exercer sa puissance d’évocation. « On ne peut capter l’émotion de l’autre que si on laisse la sienne s’exprimer », confie Aassmaa Akhannouch dans notre portfolio, racontant avec grand talent le trajet de sa mémoire dans sa série La maison qui m’habite.

Vous feuilletez le numéro de cet automne 2021 en vous demandant peut-être, incrédule, ce que peut encore l’art dans une société. Si en 2009, au moment où nous lancions Diptyk, les artistes étaient attendus sur le front d’une bonne cause, politique, sociale ou religieuse, c’est parce que les sociétés l’exigeaient. Ils ont fait les Printemps. Ils ont fait leur travail… Sur les décombres du monde d’avant, les artistes de nos années 2020 semblent vouloir liquider le champ théorique pour parler le langage de l’intelligence émotionnelle. Nous l’avions senti venir dans notre rubrique « Work in progress », lancée en pleine pandémie pour suivre les artistes dans le temps long de la création. Dans ce numéro, on poursuit ce travail intimiste, ici avec les étranges femmes de Cinthia Sifa Mulanga, prises sur le fait dans leur gynécée, « qui vous regardent parfois sur le mode de la confidence, parfois sur celui de la confrontation ». Là, avec Anuar Khalifi , on se laisse prendre au plaisir mélancolique de partager de simples réminiscences. Là encore, avec sa délicatesse, Safaa Erruas engage justement les artistes invités à sa carte blanche à écouter le monde plutôt qu’à le déconstruire.

Principe actif de la littérature de développement personnel, longtemps absent voire suspect dans le paradigme de l’art contemporain, le champ émotionnel gagne du terrain sur l’art le plus conceptuel. Depuis Brooklyn où elle réside, Meriem Bennani, dont nous livrons un portrait passionnant, démontre par son travail que l’univers du tout-digital n’est pas fermé à l’émotion. Avec ses objets vidéo non identifiés, elle choisit l’humour et la dérision pour désamorcer des sujets complexes, privilégiant, dit-elle, un  aspect « peu populaire dans le monde de l’art contemporain : la narration des émotions ».

Lisez, parce qu’il se passe quelque chose de vraiment nouveau. Après le tout-théorique, il semblerait que nous ayons changé d’ère.

Meryem Sebti 

Directrice de la publication et de la rédaction

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Retrouvez-nous sur Instagram
@diptykmagazine
  • __ Conjurer nos solitudes contemporaines

« Ils font ce qu’ils peuvent pour s’amuser et pour survivre. Peut-être ont-ils peur tout simplement de vivre ? », se demande Yassine Balbzioui à propos des trois personnages qu’il met en scène dans sa dernière exposition « Ermites ».
Nous voici plongés dans une forêt post-apocalyptique, dans laquelle le peintre interroge le fondement de nos angoisses les plus archaïques.

__ Yassine Balbzioui, Effet papillon, 2021, acrylique sur toile, 180 x 156 cm.

__ — Yassine Balbzioui, « Ermites », Galerie Shart, Casablanca, à partir du 1er octobre 2021.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _

📙Lire la suite de l’article dans le numéro #57 de diptyk, en kiosque et sur notre e-shop.

#art 
#painting
#contemporary
#moroccanpainting 
#artist
#contemporarypainting 
 #contemporaryart
  • __ C’est une première au Maroc. 

Avec le concours de grands collectionneurs internationaux, le MMVI retrace l’épopée de la photographie africaine, depuis le maître Malick Sidibé jusqu’à ses disciples portraitistes et plasticiens des années 2000, en passant par le photoreportage engagé des Sud-Africains.
Jamais une exposition de photo africaine d’envergure n’avait été organisée dans le Royaume, qui plus est avec des artistes phares du continent : David Goldblatt, Zanele Muholi, Mário Macilau, Youssef Nabil, Guy Tillim... De fait, les deux expositions réunies sous le titre « Afrique(s) vue par ses photographes, de Malick Sidibé à nos jours » se veulent didactiques.
Une aubaine pour le public marocain qui pourra s’initier aux grands mouvements de la photo africaine depuis les années 1960.

__ Malala Andrialavidrazana, Figures 1889, Planisferio, 2015, 110 x 137,5 cm. Courtesy Gervanne et Matthias Leridon.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _

📙Lire la suite de l’article sur le numéro #57 de Diptyk magazine en kiosque et sur notre E-shop.

#contemporaryart #artist #colors #art #modernart #creativity #african
  • __ Quand le monde arabe inventait sa modernité

Épisode 2/3 : le Proche-orient 

Dans le prolongement de la Nahda égyptienne, des pays comme le Liban, la Syrie et l’Irak sont gagnés par le mouvement nationaliste qui appelle à l’union des peuples arabes.
Le deuxième épisode de notre série historique s’attarde sur le panarabisme culturel qui a forgé une identité artistique endogène.

__ Paul Guiragossian, Amitié, 1973, huile sur toile, 94,5 x 73 cm.
Courtesy Ramzi & Saeda Dalloul Art Foundation

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

📙Lire la suite de l’article sur sur le numéro #57 de Diptyk magazine en kiosque et sur notre e-shop.

#art #peinture #postoftheday #artist #arte #orient #creative
  • __ Highlights from @154artfair 

__ Artistes

Themba Khumalo
Atta Kwami
Mohamed Hamidi
Sahara Longe
Omar Mahfoudi
Amina Agueznay
  • L’incubateur Diptyk
Sabrine Lahrach

Cette jeune artiste est issue de l’Institut national des beaux-arts de Tétouan, dont elle est sortie major de sa promotion en 2018.
Ses œuvres traduisent l’évolution humaine, la relation du temps à l’espace et celle du métier à l’existence.

__ Stitches, technique mixte, papier coton, fil d’or, 52 x 40 cm. Courtesy de l’artiste

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

📙Lire la suite de l’article sur le numéro #57 de Diptyk magazine en kiosque et sur notre e-shop.

#modernart #creative #artist #arte #couture #inspiration #contemporaryart
  • @154artfair  London demarre demain
Lisez l’entretien accordé par @telglaoui « Le profil des collectionneurs  esten train de changer»

Cette année, la foire 1-54 Londres mise sur une édition en présentiel et prend même de l’ampleur.
Sa directrice et fondatrice, @telglaoui revient sur les neuf ans d’existence de la foire qui contribue à faire émerger l’art contemporain africain.

__ Touria El Glaoui devant Somerset House, qui abrite la foire 1-54 à Londres.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

📕Lire la suite de l’article dans le numéro #57 de Diptyk magazine en kiosque et sur notre e-shop.

#art #collection #arte #creative #modernart