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[Expo] À Rabat, une certaine idée du paradis

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Comme l’indique son étymologie perse, le paradis est un jardin. À la fois un havre de paix et un lieu propice à la méditation. Tel est le point de départ de l’exposition « Jardin d’Éden » organisée à l’Espace Expressions de la CDG de Rabat, regroupant des artistes aux univers distincts et jugés à tort naïfs, parmi lesquels Abbès Saladi, Ahmed Louardiri ou Fatima Hassan El Farrouj. Le motif du jardin est explicitement représenté chez Saladi et Louardiri, le premier transposant ses scènes imaginaires dans les jardins de la Ménara ; et le second construisant, selon un principe d’étagements propre aux jardins persans, des palais enchantés dignes des Mille et Une Nuits. Mais derrière ces références savantes se donne surtout à voir une version plus profane du paradis terrestre, où de simples scènes de la vie quotidienne marocaine représentées par Mohamed Ben Allal, ou des fêtes traditionnelles revisitées par Fatima Hassan El Farrouj, témoignent d’un art de vivre ancestral auquel Moulay Ahmed Drissi se consacre aussi humblement. Reste que derrière ces images souvent idylliques, perce une certaine angoisse, comme dans le diptyque de Hassan El Glaoui consacré au Paradis et à l’Enfer, ou dans les cérémonies étranges et tourmentées de Saladi. Le paradis n’est peut-être pas toujours de ce monde…

Olivier Rachet

— « Jardin d’Éden », Espace Expressions de la Fondation CDG, Rabat, jusqu’au 30 mars 2022.
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