Taper pour chercher

[Snapshot] Les femmes puissantes de Dalila Dalléas Bouzar

Partager

Un artiste | une œuvre. Chaque semaine, diptyk décrypte pour vous les dessous d’une peinture, d’une photo ou d’une installation. Cap sur la série Princesse de l’artiste algérienne Dalila Dalléas Bouzar.

Dalila Dalléas Bouzar, Untitled #12, série Princesse, 2015, huile sur toile, 50x40cm, © Dalela Dalléas Bouzar, Courtesy Galerie Cécile Fakhoury

Kabylie, 1960. Marc Garanger est soldat dans l’armée coloniale, en Algérie française. On est en pleine guerre d’indépendance. Et l’information, c’est le pouvoir. Il a pour mission de capturer l’image des populations que l’on tente de soumettre. Contre son gré, le futur photoreporter à succès contraint les femmes des villages à se dévoiler pour se faire tirer le portrait. Dans sa série Princesse, l’Algérienne Dalila Dalléas Bouzar reprend ce célèbre exemple de violence par l’image en revisitant l’histoire. Une technique ancienne, la peinture à l’huile sur toile de lin, pour conjurer au présent un passé encore mal digéré. Déjouant la lecture ethnographique initiale de ces portraits volés, elle réinvente la figure de la femme maghrébine. Auréolées d’une couronne d’or, parées de tatouages au graphisme revisité par l’artiste, les petites mines renfrognées qui ne faisaient aucune concession à l’objectif du photographe français se transforment en dédain royal. Fières et puissantes, elles disent toute la souffrance rejetée à la surface du temps, pour redonner un peu de magie à ce que le regard colonial a voulu rationaliser.

Marie Moignard

Tags:

Vous pouvez aimer aussi

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Retrouvez-nous sur Instagram
@diptykmagazine
Instagram n'a pas retourné le status 200.