Après la recherche florale dans laquelle elle s’était illustrée, Najia Mehadji explore le monde du signe. Avec "Spring dance", exposition de ses dernier travaux à la galerie Shart (Casablanca), l’artiste polymorphe propose des calligraphies envoûtantes, précises et gracieuses, qui rappellent les robes des derviches tourneurs et signe le vertige d’un abandon total.
Représenté par la galerie Emmanuel Perrotin à Paris et à Miami, l’artiste présente sa première exposition personnelle au Maroc à la galerie FJ. L’occasion de découvrir toutes les facettes de ce peintre qui réinterprète les couleurs du monde.
Le nouveau directeur de la Villa Médicis à Rome, l’historien d’art Eric de Chassey, interroge dans son exposition « Les Mutants » la question de l’identité et de l’hybridation culturelle.
ACTU MAROC
ACTU MAROC
À Dubaï, dans les galeries Traffic et The Third Line, l’exposition « The state: social/antisocial ? » réunit une trentaine d’artistes pour dialoguer sur l’état du monde et les problématiques sociales.
L’exposition « Maghreb : Dos Orillas » programmée à Madrid, puis au Musée d’art contemporain de Grenade, réunit une nouvelle génération d’artistes originaires du Maghreb.
Avec l’exposition "Reign Marks", l’espace d’art alternatif Le Cube reçoit deux artistes new-yorkais, peintre et céramiste. Leurs travaux, réalisés à Fès, offrent une vision décalée et inspirée du zellige traditionnel.
Amalgam est l’évènement qui unit les deux artistes tunisiennes Meriam Bouderbala et Raja Aissa. Les œuvres qu’elles présentent sont nourries du legs et du symbolisme de la tradition arabo musulmane. D’un côté la poésie de Mahmoud Darwich faufile dans des drapés blancs qui révèlent des silhouettes sans chair, et d’un autre, les ornements arabo musulmans, chers aux fresques abbassides et fatimides, s’imposent magistralement sur un tracé d’odalisques finement élaborées.
Il y a t-il un récit codifié à l’interdit de la représentation du corps ou faut t –il lire entre les vers de la poésie ou les arabesques ?
Dans l’œuvre de Meriam Bouderbala, le corps est omni présent. Dans certains cas, il se révèle sans chair et fait appel à des images de femmes entre le mort et le vivant, comme engendrée par le vide : « mon parcours est une tentative d’échapper à une alternative que je refuse. Je veux retrouver ce point où la figure humaine est à la fois de chair et de signe ».
L’artiste traduit « l’amalgam » par deux séries, la première est celle des Bédouines, qui évoquent l’intimité du corps tout en transgressant les normes esthétiques et les divers conformismes. Ici, les corps et les étoffes s’entremêlent et révèlent divers sujets comme le questionnement critique de l’orientalisme et particulièrement des fantasmes projetés sur la femme orientale et sa condition dans le monde arabe.
A travers la deuxième série, intitulée « femelle palimpseste », Bouderbala fait disparaître les corps en ne laissant que des silhouettes évanescentes aux contours fluides. L’artiste accentue l’image de la femme fantôme par des vers fragmentés d’un poème de Mahmoud Darwich intitulée ‘’ Sur cette terre, à l’ombre des mots ’’. L’esthétique recherchée est comme un jeu des miroitements fragmentés de nos identités.
Si Bouderbala a utilisé le voile pour dissimuler la chair, Raja Aissa le manipule pour dévoiler cette même chair dans sa complexité et son mystère. Le corps de la femme se dérobe et se transforme en "étoffe sacrée". L’artiste rajoute un voile, qui devient un écran entre nous et les autres, révélateur troublant qui établit le rapport entre l'intérieur - ou le caché et l'extérieur ou le visible : toute une démarche influencée par la philosophie soufie.
Dans la série "néo-odalism-amalgam" l'artiste dessine la silhouette d'une femme, à l'image de l'odalisque, puis, elle l'associe à un ornement arabesque dont l'éclatement plonge ses tableaux dans une atmosphère tendue entre révolte dynamique et apaisement : « j'établie des correspondances qui explorent les tensions de notre société dont les contradictions labyrinthiques pourraient se résoudre non pas par une codification figée ni par une logique rationnelle mais plutôt par le pouvoir unificateur du Sublime.
Enfin, Chaque toile de Raja renferme un symbole de la vie moderne, et fait référence à l'accessibilité immédiate de toutes les cultures et les lieux qui sont maintenant l'éveil des identités ethniques et religieuses.
Texte de Khadija Hamdi
Actuellement à l’affiche de la galerie Frédéric Moisan, le peintre marocain présente « Corps singuliers », une exposition qui rassemble ses tableaux les plus récents. Dans la continuité de son travail d’abstraction, Sâad Hassani y dévoile ses dernières recherches sur la représentation du corps, des traces et des signes. Après avoir exposé Fouad Bellamine en juin, Frédéric Moisan poursuit ainsi sa collaboration avec les modernes marocains. « Sâad Hassani est l’un des artistes les plus reconnus au Maroc, insiste le galeriste, mais on a peu vu ses œuvres en France. Son rapport à la peinture, le dialogue qu’il engage avec le spectateur et son utilisation de la couleur sont pourtant la preuve d’une grande maturité ».
Pour son troisième solo show chez Kamel Mennour, Zineb Sedira explore une nouvelle fois l’identité algérienne. Assemblage de vidéos et de photographies, la série Beneath the Surface se présente comme un travail documentaire sur les phares d’Algérie, constructions côtières érigées par les Français et que l’artiste prend ici comme témoins du passé colonial.
Symbole de cette recherche, la vidéo Names Through Time : A Keeper’s Logbook dévoile les registres des gardiens de phares où les noms Guyotville et Bougie sont devenus Béjaïa et Skikda. Dans A Museum of Traces, Sedira s’attarde dans un musée. Celui du phare du cap Caxine où les objets sont toujours étiquetés en français, comme si c’était encore la langue officielle de l’Algérie.
A travers cette navigation entre passé et présent, Sedira s’immisce dans les interstices de l’Histoire, dans une mise en scène de son propre processus créatif. A l’image de La Montée, une vidéo dans laquelle l’artiste gravit les marches d’un phare à la recherche des pas de ceux qui l’ont précédée.
