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5 artistes africains (très) attendus cette rentrée

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Qui fera frémir le monde de l’art cet automne ? Entre rétrospectives à Londres et prix prestigieux à Paris, l’actualité artistique reprend doucement. Diptyk vous propose sa sélection d’artistes attendus avec impatience en cette fin 2020.

#1 Zanele Muholi

Zanele Muholi Sebenzile, Parktown 2016. Courtesy de l' artiste et Stevenson Gallery, Cape Town/Johannesburg et Yancey Richardson, New York © Zanele Muholi

L’artiste sud-africaine est très courtisée. Après une incursion à la dernière biennale de Venise, Muholi s’offre la Tate Modern qui lui consacre, en novembre, sa première grande expo en Grande-Bretagne. Avec quelque 260 photographies, le musée londonien propose un cours de rattrapage pour qui ne connaît pas cette photographe activiste. Depuis 20 ans, Muholi s’attache à rendre visible la communauté LGBTQIA+ noire en Afrique du Sud. Qu’elle s’immisce dans l’intimité de cette communauté invisibilisée ou qu’elle plante son regard franc toute grimée de noir dans des autoportraits très réussis, Muholi interpelle sur les discriminations encore à l’œuvre, près de 30 ans après la fin de l’apartheid.

Zanele Muholi, Tate Modern – du 5 novembre 2020 au 7 mars 2021

Insta : @muholizanele

#2 Lynette Yiadom Boakye 

Lynette Yiadom Boakye, Condor And The Mole, 2011, Arts Counsil Collection (Londres, UK), ©Lynette Yiadom Boakye

Elle contribue à inscrire la figure noire dans la tradition picturale. L’artiste britannique d’origine ghanéenne, Lynette Yiadom Boakye, représente des scènes de vie ou portraiture des personnages sortis de ses archives personnelles ou de son imagination. « Ce serait beaucoup plus étrange, je crois, si [mes] sujets étaient Blancs. Après tout, j’ai été élevée par des Noirs […]. Pour moi, ce sentiment d’une sorte de normalité n’est pas nécessairement une célébration, c’est davantage une conception générale de la normalité. C’est un geste politique”, confiait-elle. Cet automne, la Tate Britain organise une exposition comptant plus de 80 œuvres de l’artiste. Un inventaire qui promet d’être “le plus complet de sa carrière, à ce jour”.

Lynette Yiadom Boakye, Fly In League With The Night, Tate Britain – du 18 novembre 2020 au 9 mai 2021

#3 M’barek Bouhchichi

©Civitella Ranieri 2019

M’barek Bouhchichi fait partie de ces plasticiens marocains qui investiguent leur territoire pour en questionner les “Trace-mémoires”, ces “espaces oubliés par l’Histoire et par la Mémoire-une”, chers à l’écrivain Patrick Chamoiseau. À travers ses installations, Bouhchichi interroge les discriminations subies par les Haratines, Marocains noirs, descendants d’esclaves venus de régions subsahariennes. Une Ségrégation qui, comme une cicatrice, marque et déchire le tissu urbain de certaines villes du sud du Maroc et dont les “cimetières blancs” et les “cimetières noirs” en sont les vestiges. Avec Imdyazen, visible actuellement au Centre Pompidou, Bouhchichi rend hommage au poète haratine M’barek Ben Zida (1925-1973) dont il grave les vers sur des bâtons de cuivre. La poésie orale se matérialise en une revendication silencieuse. L’œuvre de Bouhchichi parle de réhabilitation entrant étrangement en écho avec les évènements récents #blacklivesmatter.

Global(e) Résistance, Centre Pompidou (Paris), jusqu’au 4 janvier 2021.  

Plusieurs expos prévues à Casablanca.

Insta :@mbarekbouhchichi

#4 Hicham Berrada

©Paul Rousteau

Hicham Berrada, bientôt récompensé ? Le prix Marcel Duchamp qui distingue chaque année un artiste français ou vivant dans l’Hexagone, fête ses vingt ans. Pour cette édition spéciale, quatre artistes sont nommés parmi lesquels on retrouve le plasticien franco-marocain. Les œuvres performatives de Berrada titillent la frontière parfois poreuse entre art et science. En mixant plusieurs composés chimiques, il crée des formes inattendues qui composent un ballet muet. “Ces paysages éphémères, qui mélangent végétal et minéral, sont conçus comme des créations picturales”, écrivait la curatrice Mouna Mekouar dans nos pages. Une œuvre fascinante et ambiguë sur le rôle démiurgique de l’artiste. Annonce du lauréat le 19 octobre.

Prix Marcel Duchamp : exposition des 4 nommés à la Galerie 4 du Centre Pompidou – Alice Anderson, Hicham Berrada, Kapwani Kiwanga, Enrique RamÍrez – du 7 octobre 2020 au 4 janvier 2021.

#5 Kapwani Kiwanga

Kapwani Kawanga à Whitechapel Gallery (Londres), février 2019. crédit photo : Jeff Spicer / PA Wire

Elle est aussi nommée pour le prix Marcel Duchamp 2020. L’artiste canadienne d’origine tanzanienne, Kapwani Kiwanga, excave les récits oubliés du colonialisme comme la guerre Maji Maji qui opposèrent colonisateurs allemands et tribus africaines au début du XXème siècle. Nous l’avions découverte en 2016 avec sa série Flowers for Africa, où l’inoffensif bouquet de fleurs protocolaire qui orne les célébrations des indépendances africaines devient un symbole politique. Une façon décalée d’aborder l’Histoire avec un grand H. Depuis, Kapwani Kiwanga a creusé son sillon : en 2019 elle présentait une œuvre XXL dans la  prestigieuse section “Unlimited” d’Art Basel. Elle était aussi récemment exposée au Macaal à Marrakech dans l’exposition HAVE YOU SEEN A HORIZON LATELY ?

Prix Marcel Duchamp : exposition des 4 nommés à la Galerie 4 du Centre Pompidou – Alice Anderson, Hicham Berrada, Kapwani Kiwanga, Enrique RamÍrez – du 7 octobre 2020 au 4 janvier 2021.

Emmanuelle Outtier

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