Mustapha Akrim replonge dans son travail sur les billets de banque marocains et pousse un peu plus loin la logique de réappropriation de la mémoire ouvrière.
Ce n’est pas la première fois que Mustapha Akrim interroge le billet de banque comme reflet de la mémoire collective du Maroc. En 2014, il présentait une série de reproductions sur toile au Musée d’art contemporain de Barcelone (MACBA). Aujourd’hui, c’est à la galerie Kulte qu’il expose une seconde série de quatre billets, actuellement en cours de production. En apparence, la démarche est la même : celle d’une réflexion sur l’ap- propriation de l’histoire par les systèmes de domination. Celle de l’utilisation du billet de banque comme vecteur de l’histoire officielle. Mais alors qu’au MACBA, l’artiste avait choisi de reproduire, en un hommage pudique, les seules coupures sur lesquelles figurent des travailleurs marocains, ici Mustapha Akrim dépasse la simple reproduction et modifie le motif pictural. Et cela change tout. D’une démarche d’archiviste, l’artiste passe à celle de conteur d’un autre pan de l’histoire.
Mustapha Akrim, solo show, Kulte Gallery, du 17 décembre 2015 au 30 janvier 2016.
Par Emmanuelle Outtier
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