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L’estampe dans tous ses états à Casablanca

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L’exposition « L’Atelier-Musée de l’Estampe », à la Villa des Arts, propose une initiation convaincante aux différentes formes de l’estampe et s’accompagne d’œuvres de maîtres.

Démocratiser l’accès à l’art et former le regard, tel est le pari que relève l’exposition « L’Atelier-Musée de l’Estampe ».  Présentée à la Villa des arts de Casablanca, la manifestation regroupe un ensemble d’estampes d’une quarantaine d’artistes, dont Kacimi, Bellamine, Ben Cheffaj ou Miloudi, réalisées depuis 50 ans par l’Atelier d’art graphique Marsam. Une série de gravures d’Aziz Abou Ali, utilisant les techniques de l’aquatinte et de la pointe sèche, rend d’autre part hommage à l’un des plus importants maîtres graveurs marocains, ayant travaillé avec Tàpies ou Picasso.

Mais le projet porté par la Fondation AL MADA en partenariat avec la Fondation Chraïbi Abderrazik propose aussi, à destination des étudiants des Beaux-Arts, une série de trois ateliers consacrés à la sérigraphie, la lithographie et la gravure animés par les maîtres graveur et sérigraphe Mustapha Belkouch, Frédéric Possot ou Noureddine Fathy. « Ce que j’aimerais, précise le maître lithographe Frédéric Possot, devant une presse lithographique Eugène Brisset de 1856, c’est que les étudiants, lors d’une prochaine session, fassent eux- mêmes leur expérience sur la pierre. »

Un musée de l’estampe

Organisateur de l’évènement, le galeriste et directeur du Centre d’art L’Usine abritant un atelier d’estampes, Khalil Amr Chraïbi, souligne que cette exposition « est surtout un moment de préfiguration du futur Musée de l’estampe » qui ouvrira prochainement ses portes dans le quartier d’Aïn Sebaâ. « Cette exposition n’est pas un projet statique, ajoute-t-il. Il faut que les étudiants et le public puissent observer et travailler aussi. »

L’artiste Hassan Echaïr, l’un des nombreux artistes contemporains à participer à cette aventure inédite aux côtés d’une vingtaine d’artistes qui verront leurs œuvres éditées, dont Najia Mehdaji, Abdelkrim Ouazzani ou Mahi Binebine, s’émeut à l’idée de travailler sur un outil qui a servi à des prédécesseurs aussi illustres que Chebaa ou El Glaoui. « Cette pierre sur laquelle je dessine, explique-t-il, plusieurs artistes ont dessiné dessus. Peut-être que dans le futur, on inventera une machine qui permettra de lire tous les dessins incrustés sur cette pierre-là », se plaît-il à rêver. Devant cet objet-palimpseste, il se laisse aller à un parallèle savoureux avec l’inconscient psychique, « cette mémoire effacée qui se révèle d’elle-même »

Une expérience passionnante qui se poursuivra de mai à juillet à la Villa des arts de Rabat, et qui propose à destination des scolaires et du grand public un atelier de découverte et d’initiation à la linogravure, en compagnie du maître imprimeur Chafik Zougari. Sans doute un premier pas vers l’acquisition d’œuvres de maîtres par les collectionneurs de demain ?

Olivier Rachet

Exposition « L’Atelier-Musée de l’Estampe », Villa des arts de Casablanca jusqu’au 11 mai, puis Villa des arts de Rabat du 21 mai au 31 juillet 2024

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