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[Work in progress] Chourouk Hriech, et la couleur fut…

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L’artiste franco-marocaine, qui a construit un univers de noir et de blanc, introduit  la couleur et la nature au sein des ses architectures enchevêtrées.

« Confinement ou pas, on est toujours confiné dans le travail ». Pour la dessinatrice Chourouk Hriech, cette période a surtout rimé avec affairement. Professeur aux Beaux-Arts de Marseille, il lui a fallu assurer le suivi de ses étudiants et « gérer les situations d’urgence ». Son carnet d’expositions est tout aussi bien rempli puisqu’elle participe à l’exposition collective Le dessin autrement au Musée de Vence, à la 5ème édition du Voyage à Nantes qui se tiendra cet été. Elle y habillera à l’occasion deux tramways de la ville. Du 15 au 21 juin, seront présentées dans les différents espaces on line de la Kunsthalle, Centre d’art contemporain de Mulhouse, trois de ses œuvres. Mais sans doute est-ce l’exposition en cours « …et des échelles pour les oiseaux », présentée à la galerie Anne-Sarah Bénichou à Paris, qui aura focalisé, pendant cette période de confinement, toute notre attention. 

©Chourouk Hriech

Magie d’Instagram, les différents posts de l’artiste ont constitué une véritable bouffée d’oxygène. On se réjouit de voir apparaître tout d’abord la couleur dans un dessin qui privilégie depuis longtemps le noir et blanc, et surgir devant nos yeux toute une série d’oiseaux dessinés aux crayons de couleur. Des oiseaux qui semblent s’inviter comme par enchantement dans des paysages urbains dont les architectures complexes et les lignes de fuite souvent brisées nous sont familières. Chourouk Hriech s’est inspirée des planches de l’ornithologue John James Audubon qui a répertorié au XIXème siècle des centaines d’espèces, notamment aux États-Unis d’Amérique. Les oiseaux de l’artiste n’existent pas forcément ou ils sont la réminiscence de voyages effectués en Asie : ce qui l’intéresse ici surtout est la façon dont ils viennent occuper l’espace, avec une liberté qu’on leur envierait presque. Que ce soit dans l’espace du dessin ou dans ceux de la galerie dans laquelle trônent trois immenses lès de toiles intitulés La voce della luna, la nature s’invite au menu. 

©Galerie Anne Sarah Bénichou

« Je suis sidérée, nous confie à ce propos l’artiste, par la réaction des gens qui découvrent aujourd’hui qu’il y a des bêtes autour d’eux ». Contrairement à une idée reçue, le confinement n’a pas eu pour effet, selon Chourouk, de vider les villes mais de les rendre impraticables. Là réside peut-être la promesse contenue dans chacun de ses dessins qui sont autant d’invitations à pratiquer justement son environnement propre pour découvrir que la nature, elle, n’a jamais été confinée !

Olivier Rachet

©Galerie Anne Sarah Bénichou

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