Taper pour chercher

1-54 Londres : 5 artistes à suivre de près

Partager

La foire 1-54 revient à Londres après une édition new-yorkaise perturbée par la crise sanitaire en mai dernier. Petite sélection des artistes qui nous ont conquis. 

#1 Sungi Mlengeya 

Sungi Mlengeya, Kyomu, 2020, Acylique sur toile, 86 x 60cm. Courtesy Afriart

Dans la lignée de peintres comme Lubaina Himid ou Lynette Yiadom-Boakye, Sungi Mlengeya contribue à inscrire le modèle noir dans la peinture contemporaine. Ses figures souvent féminines se détachent de la toile qu’elle laisse parfaitement blanche. On aime la finesse d’exécution mais aussi la simplicité apparente de sa palette. Le blanc de la toile vient absorber les corps, à moins que ce ne soient ces figures noires qui enfin arrivent à émerger de la toile ?

#2 Eman Ali

Eman Ali, Firdausi (Paradise) série Utendi, 2019. Courtesy de l'artiste.

Eman Ali nous invite à décentrer le regard. L’artiste omanaise s’est rendu sur l’archipel de Lamu au Kenya pour y observer les influences arabo-persanes nées il y a plusieurs siècles des échanges commerciaux avec ce pays d’Afrique orientale. Elle s’appuie sur un célèbre poète de langue swahili, Fumo Liyongo, qui dans son poème Utendi wa Mwana Manga loue les beautés de la femme d’Arabie. La série Utendi, à laquelle appartient le cliché Firdausi, fait référence à cette œuvre littéraire. Elle interroge non seulement les connexions culturelles entre Golfe arabique et Afrique de l’Est, mais aussi la manière dont la femme orientale est perçue comme source de sensualité dans cette partie du monde. Finalement, elle questionne la notion d’orientalisme… abordée depuis le Sud.

#3 Dominic Chambers

Dominic Chambers, After Albers (Africanus), 2020, huile sur toile, 167.6 x 142.2 cm. Courtesy de Luce Gallery.

L’artiste africain-américain peint ses modèles délibérément au repos, méditatifs ou absorbés dans leur lecture. Une posture engagée : “L’acquisition de connaissances par la communauté noire reste une question fascinante parce qu’il y a 400 ans, on aurait été tué pour avoir pris un livre ou pour bien parler, expliquait-il dans la presse américaine. Aujourd’hui encore, il y a cette idée que le niveau de lecture dans la communauté noire est très bas”. Toni Morrison, James Baldwin, Ralph Ellison, l’influence des écrivains afro-américains est pourtant considérable. 

En opposant 2 tons de vert qui recouvrent chacun une partie de la toile After Albers (Africanus), Dominic Chambers rend aussi hommage au théoricien de l’art Josef Albers. Dans son essai L’interaction des couleurs, celui-ci démontre que notre perception d’une couleur change selon celle qui lui est accolée. Pour Dominic Chambers, cette théorie devient métaphore de l’expérience de l’homme noir. Il y a quelque chose de vraiment poétique là-dedans, quand on pense au fait que notre relation au corps noir est construite exclusivement sur la base de nos perceptions. Et à la manière dont les corps noirs mis en relation avec d’autres objets, transforment radicalement ces objets.”

#4 Kimathi Mafafo

Kimathi Mafafo, Reflection III, 2020, broderie à la main sur tissu, 105 x 113cm.

Il y a chez cette artiste sud-africaine une fascination pour la peinture flamande des 16e et 17e siècles qu’elle découvre enfant dans les collections du William Humphreys Museum (Kimberley). Son œuvre trahit un goût prononcé pour les détails. Ici pourtant, pas de nature morte, Kimathi Mafafo brode et célèbre des femmes puissantes au port de tête fier, parfaite illustration de l’empowerment féminin.

#5 Tuli Mekondjo 

Tuli Mekondjo, Edalo la Ngalangobe (La naissance de Ngalangobe), 2020, Techniques mixtes sur toile, photo transfer, collage, acrylique, grain de millet et résine sur toile, 118 x 88,3 cm. Courtesy de Guns & Rain

Née dans un camp de réfugiés en Angola pendant la guerre d’indépendance de la Namibie, Tuli Mekondjo revient dans son pays en 1990. Elle y expérimente l’entre-deux de ceux qui ont connu l’exil. Autodidacte, Tuli Mekondjo use d’archives photographiques qu’elle mixe avec de la broderie, de la peinture ou du collage pour réinterroger son passé et celui de son pays. Elle met souvent en scène femmes et enfants, grands oubliés des récits patriotiques.

Emmanuelle Outtier

Tags:

Vous pouvez aimer aussi

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Retrouvez-nous sur Instagram
@diptykmagazine
Instagram n'a pas retourné le status 200.