[Marché de l’art] Comment acheter un Omar Victor Diop ?  

Il a récemment marqué un grand coup sur instagram. Avec son #ROOMSERVICE, Omar Victor Diop distille au jour le jour ses oeuvres qu’il remet en contexte pour le plus grand plaisir de ses followers. C’est que l’artiste sénégalais a conquis les initiés de l’art, puis le grand public à travers des Unes de magazine ou des pochettes d’album. Petits conseils pour savoir laquelle de ses œuvres collectionner.
Omar Victor Diop, voilà un artiste africain qui fait le buzz. Ce portraitiste génial de tout juste 40 ans à un succès fou depuis sa révélation aux Rencontres de Bamako en 2011. Difficile de lui échapper. Difficile surtout de résister à ses mises en scène chatoyantes, à son travail de mémoire optimiste, à cette photographie bourrée d’aplomb et d’humour. Pour acheter l’une de ses œuvres, l’artiste nous dirige, sur son site internet officiel, vers un seul et unique interlocuteur : la galerie Magnin, à Paris. Idem sur son compte Instagram. Tout passe par André Magnin, « le » galeriste parisien spécialisé dans l’art africain, longtemps conseillé pour la collection Pigozzi. Après avoir repéré le jeune prodige, André Magnin a rapidement exposé à Paris Photo la série qui a propulsé son audience depuis, la série Diaspora (2014) où l’artiste incarne des personnages historiques noirs tombés dans l’oubli. Le succès est immédiat, les tirages de Diaspora se retrouvent exposés aux rencontres de la photographie d’Arles en 2015, puis un jeu entier est acquis par la Fondation Louis Vuitton qui expose les photographies à l’occasion d’« Art Afrique, le Nouvel Atelier », en 2017.

Omar-Victor-Diop5
Omar Victor Diop, Omar Ibn Saïd, série Diaspora, 2014.
© Omar Victor Diop

Pour miser juste dans l’achat d’une œuvre d’Omar Diop, au-delà du goût personnel, les photos de la série Diaspora paraissent les plus importantes. Non seulement parce qu’elles ont été saluées dans le monde de l’art, pour avoir réinventé quelque chose dans la tradition du portrait photographique africain, mais aussi parce que c’est avec cette série qu’Omar Diop s’est fait un nom sur la scène internationale et qu’il est entré dans d’importantes collections. La série entière comporte 18 clichés au total. 14 de ces images restent disponibles à la vente, les autres tirages étant épuisés. Chaque photographie a fait l’objet de deux éditions distinctes – un format 120 x 80 cm et un autre en 60 x 40 cm (édition de 8 ex + 2 AP pour chaque édition) – avec une subtilité non négligeable : le tarif grimpe a mesure que l’édition se vend et se raréfie. Le prix d’un grand format varie ainsi de 7000 à 12 000 euros pour les derniers tirages, celui d’un petit format de 4800 à 8000 euros. Autant dire que le temps joue en la défaveur de l’acheteur et qu’il est conseillé de se presser.
Autre série essentielle, le Studio des vanités (depuis 2011), inspirée de portraitistes tels que Malick Sidibé, Mama Cassey ou Seydou Keïta, comprend aujourd’hui une quarantaine d’œuvres. Elle affiche des images plus flamboyantes que d’autres, notamment le portrait du mannequin Aminata (2011) édité sur 5 exemplaires. Victime de son succès, Aminata est pour ainsi dire introuvable. La seule chance d’en obtenir un exemplaire serait de créer une alerte sur les ventes aux enchères futures, avec l’espoir qu’elle passe en salles. Ou de convaincre un.e ami.e de se séparer de son œuvre à votre profit…
Celine Moine pour Artprice.com

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...