Peindre après Google

La peinture n’a pas dit son dernier mot ! Dans son recent ouvrage, la critique d’art Anaël Pigeat inventorie et interroge les pratiques picturales contemporaines à l’ère du post-médium. Avec, note-t-elle, un retour à une certaine matérialité de l’oeuvre d’art chez les jeunes générations. Réjouissant.
Depuis une dizaine d’années, le Prix d’art contemporain Jean-François Prat récompense, en France, un peintre pour son travail. La critique d’art Anaël Pigeat, membre du comité de sélection, prolonge aujourd’hui l’aventure en publiant le livre Effervescence de la peinture dans l’art contemporain, nourri des nombreux entretiens qu’elle a réalisés avec les différents lauréats. Si « l’ère postmédium dans laquelle nous nous trouvons semble interdire de considérer la peinture en tant que telle », affirme-t-elle en introduction de l’ouvrage, il n’en demeure pas moins que le geste pictural continue de se perpétuer par d’autres moyens, exploitant notamment les ressources des images numériques. En témoigne le travail de Jean Claracq, lauréat 2021, dont les miniatures reposent sur des effets de mise en abyme où nos écrans sont aujourd’hui les seules fenêtres ouvertes sur le monde. Ou les « images d’images d’images » du peintre chinois Li Qing, adepte du collage photographique. Dans un monde gagné par la dématérialisation, la plupart parient surtout sur la matérialité du médium, à l’image de Rezi van Lankveld s’assignant comme tâche de « peindre un reflet ou peindre de l’or », ou de la Sud-Africaine Turiya Magadlela qui prend comme support de simples collants tendus sur une toile. La peinture n’a pas dit son dernier mot !

Anaël Pigeat, Effervescence de la peinture dans l’art contemporain, éditions Flammarion, 304 p., 830 DH

Olivier Rachet

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