Dans l’intimité créatrice de Tahar Ben Jelloun

Si ses romans et ses poèmes interrogent les tourments du monde, les toiles de Tahar Ben Jelloun, elles, offrent une impression de légèreté, une échappée lumineuse. Couleurs vives et formes simples, évoquant l’influence matissienne, s’entrelacent à des représentations architecturales vernaculaires, inscrivant son travail dans une quête d’espoir et de pureté. Loin d’être un simple à-côté, la peinture accompagne son écriture depuis des décennies, comme une respiration essentielle. L’exposition actuellement présentée au Musée Mohammed VI de Rabat ne se limite pas à ses œuvres picturales : elle dévoile aussi des archives littéraires inédites, incluant tapuscrits, manuscrits et éditions originales de ses recueils de poésie. Certaines de ces éditions arborent en couverture des dessins de Mohammed Melehi ou de Houssein Miloudi, témoignant d’un dialogue fécond entre littérature et arts visuels. Ce dialogue, Ben Jelloun l’a toujours nourri. Critique d’art autant qu’écrivain, il a consacré des textes aux peintres marocains et internationaux et dialogué avec Giacometti à travers un livre mêlant poésie et contemplation. Aujourd’hui, avec cette exposition, c’est son travail pictural qui se donne comme sujet, affirmant pleinement son identité d’artiste.

Rym Abouker

— « Tahar Ben Jelloun : De l’écriture à la peinture », Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, Rabat, jusqu’au 15 juin.

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Tahar Ben Jelloun, Suite printanière, 2015, acrylique sur toile, 50 x 50 cm Courtesy de l’artiste et MMVI

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