Le Musée Bank Al-Maghrib célèbre la nature et le corps féminin

Réunissant le styliste marocain Noureddine Amir et l’artiste visuel mexicain Miguel Milló, l’exposition « Dialogue » est d’une rare puissance évocatoire. Déambulant dans une pénombre envoûtante, le visiteur est happé par les robes-sculptures du premier, aux tons ocre ou gris noir, suspendues dans l’espace d’exposition admirablement scénographié par l’agence Ufografik, et les photographies du second, imprimées sur tissu, dans lesquelles des visages vous scrutent littéralement. Une dialectique subtile s’établit entre les œuvres d’Amir marquées par l’absence et les images à l’esthétique baroque de Milló où le corps féminin semble se fondre avec la nature. Pour Amir, ce dialogue fécond avec Milló ne se situe pas seulement au niveau de l’opposition entre des variantes de noir et des couleurs chatoyantes, mais aussi au niveau de la forme : « Lui sculpte ses photos, moi je sculpte mes robes », explique-t-il. Célébration du corps féminin, mais aussi de la terre, les deux propositions plastiquement fortes se rejoignent dans l’importance accordée aux matériaux naturels : toiles de jute ou de raphia dialoguant avec les différents éléments végétaux dont Milló recouvre ou peint ses visages, auxquels rendent hommage une scénographie organique et un « paysage sonore » sculpté lui aussi par une composition de l’artiste iranienne Sussan Deyhim.

Olivier Rachet

— Noureddine Amir et Miguel Milló, « Dialogue », Musée Bank Al-Maghrib, Rabat, jusqu’au 30 septembre 2025.

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