Miloud Labied, le peintre chercheur

Après des ouvrages consacrés aux peintres Yacoubi, Hamri et Gharbaoui, Latifa Serghini s’intéresse à la figure de Miloud Labied qui se définissait comme un « peintre chercheur ». Son essai, Miloud Labied, Une quête silencieuse, relate le parcours atypique de l’artiste : son exode vers Casablanca dans les années 1940, alors que sévit au Maroc une famine entretenue par les autorités coloniales de l’époque, son installation à Rabat et ses premiers pas en tant que jardinier ou dessinateur auprès des services de l’Urbanisme. Sa fréquentation de l’atelier de Jacqueline Brodskis décide de sa vocation de peintre. Latifa Serghini consacre des pages passionnantes à cette femme encore trop méconnue ayant su s’affranchir des injonctions coloniales pour laisser s’épanouir la créativité d’artistes autodidactes tels que Kacimi ou Louardiri. De cette expérience résulte la singularité de la peinture de Miloud qui, dans les années post-indépendance, prend le contrepied du courant dominant représenté par le groupe de Casablanca. Influencé par Klee ou Gharbaoui, sa peinture évolue vers une abstraction singulière qui n’aura de cesse de se renouveler. En témoignent la série des bas-reliefs en résine, qu’il réalise dans les années 1970, ou sa période new-yorkaise « marquée par la prédominance du rectiligne et de la verticalité », à l’opposé des formes arrondies et circulaires, teintées selon Latifa Serghini de réminiscences sexuelles. Un certain esprit de résistance à toute forme d’académisme.

Par Olivier Rachet

Latifa Serghini, Miloud Labied, Une quête silencieuse, éditions Archives des Arts, 116 p., 100 DH

Miloud Labied_2012-12-15_006_(122x153cm)
Miloud Labied, Sans titre, 2012
Miloud Labied_2013-02-23_029_(51x65cm)
Miloud Labied, Sans titre, 2013
Couv mdf Miloud Labied DOS 10mm vec xg
Couverture

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