Casablanca, décor de cinéma

Sous la plume alerte et érudite de Rabéa Ridaoui, ancienne présidente de l’association Casamémoire œuvrant à la réhabilitation du patrimoine architectural casablancais, et de Roland Carrée, enseignant en cinéma à l’École supérieure des arts visuels (ESAV) de Marrakech, l’ouvrage CinéCasablanca, La Ville Blanche en 100 films dresse un panorama des films, marocains ou internationaux, ayant pris comme décor la ville de Casablanca. Seule entorse à ce parti pris, le film éponyme de Michael Curtiz, dont on sait qu’il a été réalisé dans des studios hollywoodiens. Des films de propagande de l’époque coloniale jusqu’à la nouvelle génération de cinéastes incluant Hicham Lasri ou Nabil Ayouch, en passant par la vague avant-gardiste des années 1970 – dont De quelques évènements sans signification de Mostafa Derkaoui reste l’emblème –, la ville de Casa est une inspiratrice qui sert aussi de décor pour des films se déroulant au Caire ou en Chine, comme pour Kundun de Scorsese. Se lisant aussi comme une histoire du cinéma marocain, dans la lignée de La septième porte de Bouanani, le livre convoque des artistes vidéastes qui nous sont chers, tels que Randa Maroufi, Sido Lansari, Nadir Bouhmouch et Soumeya Aït Ahmed, dont le court-métrage expérimental Apartheid Casablanca vaut à lui seul le détour pour sa liberté de ton et son regard corrosif !

CinéCasablanca, La Ville Blanche en 100 films de Roland Carrée et Rabéa Ridaoui, éditions Le Fennec, 288 p., 200 DH

Le Park
Le Park de Randa Maroufi, 2015, production Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, crédit ADAGP, 2020
cinecasablanca
Apartheid Casablanca de Nadir Bouhmouch et Soumeya Aït Ahmed
Couv_CineCasablanca

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...