Carnet de bord Marrakech, en quatre jours // What to see and do Inside Marrakech

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© Petanque Social Club · © Loft Art gallery · © Badr Bourbian · © Chama Bekri, Untitled, 2025 · © Rachid Bouhamidi · Portrait Ghizlane Agzenai © Anonymshot · © Comptoir des Mines

Jeudi : Majorelle et Guéliz

Le quartier Majorelle, avec son célébrissime jardin et ses boutiques trendy, reste – comme Jamaâ el-Fna ! – l’un des incontournables de Marrakech. Pour commencer piano piano, arrêt obligé dans le nouvel espace de Khalid Fine Arts Gallery, à deux pas du Musée Yves Saint Laurent. Le peintre marocain Badr Bourbian, rare et discret, y présente une série de portraits comme pétris dans la glaise.

« Le plus cinéphile des grands couturiers », disait François Truffaut : le musée Yves Saint Laurent consacre, avec « Yves Saint Laurent en scène », une exposition aux liens du créateur avec le 7e art. Celui qui conçut la garde-robe de Catherine Deneuve dans Belle de jour avait plaisir à animer un « Illustre théâtre » de carton sur lequel défilaient ses personnages imaginaires. On en retrouvera une maquette inédite accompagnée de nombreux dessins et croquis.

Avant le marathon de la Nuit des galeries, pause bienvenue : un café au Studio du Musée Yves Saint Laurent ou un verre dans le jardin ombragé de La Taverne face au cinéma Le Colisée. Dans un appartement jouxtant ce bar-restaurant historique de Guéliz, la jeune curatrice Yasmine Sarnefors signe « What faces do not say », un accrochage autour du portrait avec des peintres marocains et français qui nous tiennent à cœur : Mohamed Saïd Chair, Lassana Sarre ou Yasmine Laraqui.

À partir de 18h, place à la déambulation. D’une galerie à l’autre, Guéliz dévoile son charme composite, entre restos branchés et vestiges Art déco délabrés. À La Galerie 38, on découvre le solo show de Ghizlane Agzenai, adepte de peinture cellulosique et d’abstraction géométrique, mais aussi une exposition collective, « Le Manifeste des Possibles (volume 3) », qui célèbre les 15 ans de la galerie avec des œuvres de Soly Cissé ou Barthélémy Toguo. Dans la même rue, la galerie Siniya 28 présente le plus californien des peintres marocains, Rachid Bouhamidi, dans un dialogue inattendu entre gnawa et Palm Springs !

Pause au Pétanque Social Club, the place to be où se croisent Gen-Z branchée et bohème marrakchie. En sortant, la Loft Art Gallery joue les aimants. Vernissages très courus, visages familiers : toute la scène marrakchie s’y donne rendez-vous.

Enfin, au Comptoir des Mines, joyau Art déco, l’expérience commence par l’architecture : un escalier en granito, rythmé par une installation pop de Hassan Hajjaj. Au premier étage, la galerie casablancaise L’Atelier 21 réunit deux figures majeures de l’art marocain, Yamou et Najia Mehadji, autour de l’acte de peindre et des forces de la Nature. Au second, Yasmina Alaoui présente « Sarabande », mêlant des photographies épurées d’architecture et des peintures à l’huile de scènes de hammam dont les réminiscences de l’histoire de l’art sont voluptueusement maîtrisées. 

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Vue de la terrasse de DaDa © Dean Hearne · Vue de l’exposition de Mohamed Azouzi, «SouslesigneduNoun»·©Le18·Elladj Lincy Deloumeaux, Portrait de Patou, 2025 Courtesy Loft Art Gallery et Galerie Cécile Fakhoury · Vue intérieure du Palais Bahia © DR · © Mohammed Ben Allal, collection de la FNM, fonds du ministère de la Culture · © MACAAL · Rita Alaoui, The Inner Garden, installation El Fenn

Vendredi : Médina et Jamaâ el-Fna

Pour les plus matinaux, rien ne vaut un café aux abords de la place Jamaâ el-Fna, centre névralgique de Marrakech. Sur la place, dans l’ancienne agence Bank al-Maghrib devenue Musée du Patrimoine immatériel, l’exposition « Mohammed Ben Allal, Récits du quotidien » rend hommage au peintre autodidacte marrakchi. Ses scènes de souk, campées devant les remparts, font désormais partie de la mémoire collective.

En s’enfonçant dans la médina, passage obligé par le Palais Bahia, joyau du XIXe siècle aux boiseries peintes, zelliges minutieux et jardins andalous. On y découvre aussi « Ce geste vient d’ailleurs », réunissant artistes marocains et d’Afrique de l’Ouest. Détour vivement conseillé aussi par le Monde des arts de la parure. Les 3 000 objets d’apparat exposés de la collection Marlène et Paolo Gallone entraînent le visiteur à travers les traditions de 50 pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie. Autre temps fort, et sans doute la sensation de cette édition : les toiles intimistes inédites du peintre guadeloupéen Elladj Lincy Deloumeaux.

Une pause gourmande sur le rooftop de l’établissement s’impose pour profiter d’une gastronomie levantine des plus succulentes.

Après une marche de quinze minutes, cap sur le quartier Dar El Bacha. Au riad El Fenn, ancienne propriété de Vanessa Branson, la plasticienne Rita Alaoui signe une fresque inédite. Non loin de là, le Musée des Confluences met à l’honneur le peintre trop méconnu Mohamed Azouzi, dans un cadre remarquable. Puis direction Le 18 et Dar Bellarj, deux espaces indépendants où s’imagine le monde de demain.

Dans son riad traditionnel, Le 18 s’associe à The Minority Globe autour d’un focus sur le tissage féminin dans la région de Taza.

Retour en soirée place Jamaâ el-Fna pour filer à l’espace DaDa battre au rythme d’un quartet de jazz invité par la plateforme Ablakassa.

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ue de la Mamounia © 1-54 · Portrait de Hassan Hajjaj · Vue de stand © 1-54 · Leila Alaoui, série Les Marocains, 2010 © Izza · Sanae Arraqas, Litotes. Courtesy MCC Gallery © Sanaa Qayadi · Sebastiao Salgado, Amazonia, 2022 © Izza

Samedi : La Mamounia et Sidi Ghanem

C’est l’ouverture de la foire au public! Dès 11h, La Mamounia dévoile les stands de cette 7e édition. Vingt-deux galeries investissent l’écrin du plus iconique des hôtels de Marrakech et l’on ne boude pas son plaisir d’entrer dans ces lieux.

Découvrir les œuvres, échanger avec les galeristes, discuter avec des artistes souvent présents sur place, l’un des atouts du format « boutique fair » de 1-54 réside précisément dans cette possibilité de prendre le temps. Un petit côté insiders qui rend la foire particulièrement conviviale. Chaque année, 1-54 organise également des talks bien sentis. Le modernisme marocain vous échappe ? À 12h30, rendez-vous, toujours à La Mamounia pour une rencontre autour du livre C.A.S.A : Casablanca Art School Archives (éditions Zamân Books & Curating) en présence des auteurs.

Puis direction Sidi Ghanem, à dix minutes en voiture de Guéliz. Ancien quartier industriel de Marrakech, Sidi Ghanem attire aujourd’hui une nouvelle génération de créateurs et de studios. Un thé à la menthe ne se refuse pas chez Jajjah by Hassan Hajjaj, café à l’esthétique acidulée, tout droit sortie de l’univers du plus pop des photographes marocains (avis aux amateurs, Jajjah sert le couscous le vendredi à 13h). Immersion garantie. L’occasion, aussi, de découvrir l’exposition « The African Game » du photographe nigérian Andrew Dosunmu, une ode aux supporters de football à travers le continent africain.

Juste en face, montez les quelques marches menant à la MCC Gallery qui propose deux expositions de peinture séduisantes. Dans son solo show « Litotes », Sanae Arraqas décline le motif du lit à travers une palette expressive, d’où surgissent des formes énigmatiques mêlées aux drapés. Pour sa première exposition de peinture, la réalisatrice Salma Cheddadi propose, quant à elle, une série de portraits dont les visages, comme sculptés dans le marbre, se détachent de fonds monochromes rouges à l’érotisme flamboyant.

En soirée c’est à Izza qu’il faut se retrouver. Cet hôtel-riad est un concept en soi avec son rooftop qui offre une vue imprenable sur la médina, sa collection singulière de NFT’s et l’exposition collective « État(s) de passage ».

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Vue extérieure de la Maison Denise Masson · © Fondation Montresso ·
© Hebert Amorim, O mundo em minha mão, 2025 · Vue du café Blue Ribbon
© Blue Ribbon · Vue de l’espace d’art Jnane Elisabeth · © Mustapha Azeroual, Monade

Dimanche : Fondation Montresso, Hivernage et Médina

Après un brunch au Blue Ribbon de Guéliz, réputé pour sa cuisine écoresponsable, direction la Fondation Montresso, à une vingtaine de kilomètres
de Marrakech sur la route de Fès. Le lieu accueille « Icarus » de l’Afro-Américain Fahamu Pecou, nourri autant par le hip-hop que par le royaume du Congo, et « Diáspora do tambor », une exposition du programme IN-Discipline réunissant des artistes brésiliens et d’ascendance africaine, mêlant collages numériques de Hebert Amorim, installations multimédia de biarritzzz et performance dansée du collectif féminin Ilú Obá de Min.

Pour se remettre de ses émotions, pourquoi ne pas aller faire un tour au Palace Es-Saadi Marrakech Resort dans le quartier de l’Hivernage. Vous y trouverez l’espace Jnane Elisabeth qui abrite la collection privée de la maîtresse des lieux, Elisabeth Bauchet Bouhlal. Œuvres contemporaines de Mohamed Arejdal ou Youness Atbane y dialoguent avec des pièces majeures des modernes marocains, de Mohamed Melehi à Farid Belkahia, ponctuées de quelques perles rares à découvrir sur place.

On conclura en beauté et en couleurs en fin d’après-midi avec le vernissage de Mustapha Azeroual dans le nouvel espace d’art de la Maison Denise Masson (médina). Aux côtés d’œuvres abstraites sur lesquelles s’impriment les effets de la lumière ou de flashs lumineux, le photographe dévoile une toute nouvelle installation olfactive solaire invitant à prolonger les multiples sensations de ce séjour arty !

Thursday : Majorelle & Guéliz
With its iconic garden and stylish design boutiques, Majorelle remains — as does Jamaâ el-Fna — one of Marrakech’s must-see. Start easy at the new space of Khalid Fine Arts Gallery, just steps from the Yves Saint Laurent Museum. Rarely seen and quietly compelling, Moroccan painter Badr Bourbian presents a series of portraits that feel almost molded from clay.
“The most cinephile of great couturiers,” François Truffaut once called Yves Saint Laurent. His museum explores that side of his work in “Yves Saint Laurent en scène,” an exhibition on his links to cinema. From Belle de jour, for which he dressed Catherine Deneuve, to his imaginary cardboard “Illustrious Theatre,” the show features an unpublished model alongside drawings and sketches.
Before Gallery Night kicks off, take a break: coffee at the Studio Café of the Yves Saint Laurent Museum or a drink in the shaded garden of La Taverne, across from the Colisée cinema. Nearby, curator Yasmine Sarnefors presents “What Faces Do Not Say,” a portrait-focused exhibition featuring Moroccan and French painters including Mohamed Saïd Chair, Lassana Sarre, and Yasmine Laraqui.
From 6 p.m., it is time to wander. Moving from one gallery to the next, Gueliz reveals its eclectic mix of trendy restaurants and old Art Deco buildings. At Galerie 38, Ghizlane Agzenai’s solo show explores cellulosic painting and geometric abstraction, alongside “Le Manifeste des Possibles” (Volume 3), marking the gallery’s 15th anniversary with works by Soly Cissé and Barthélémy Toguo. Down the street, Siniya 28 presents Rachid Bouhamidi in a playful dialogue between Gnawa culture and Palm Springs.
A stop at the Pétanque Social Club offers a snapshot of the city’s creative crowd, where fashion-forward Gen Z mingles with Marrakech’s bohemian scene. Nearby, Loft Art Gallery draws a familiar constellation of artists and insiders during its packed openings.
At Comptoir des Mines, a restored Art Deco gem, architecture sets the tone. A terrazzo staircase, animated by a pop installation by Hassan Hajjaj, leads upward. On the first floor, Casablanca-based gallery L’Atelier 21 brings together two major figures of Moroccan art, Yamou and Najia Mehadji, in a dialogue on painting and the forces of nature. Upstairs, Yasmina Alaoui presents “Sarabande,” pairing minimalist architectural photographs with oil paintings of hammam scenes, rich in sensuous art-historical echoes. 
Friday : Medina & Jamaâ el-Fna
Start the day with a coffee near Jamaâ el-Fna, the beating heart of Marrakech. On the square, the former Bank al Maghrib building, now the Musée du Patrimoine immatériel, hosts “Mohammed Ben Allal, Récits du quotidien,” an exhibition honoring the self- taught Marrakchi painter whose souk scenes, set against the city walls, are part of the city’s visual memory.
Step deeper into the medina for a visit to the Palais Bahia, a 19th-century gem known for its painted ceilings, intricate zellige, and Andalusian gardens. The palace also presents “Ce geste vient d’ailleurs,” a group exhibition bringing together artists from Morocco and West Africa. Nearby, the Monde des arts de la parure is well worth a stop. Three thousand ceremonial objects from the Marlène and Paolo Gallone collection trace traditions across fifty countries in Africa, Europe, and Asia. A highlight this year is a series of intimate, previously unseen paintings by Guadeloupean artist Elladj Lincy Deloumeaux. Take a break on the rooftop for a generous Levantine lunch.
After a fifteen-minute walk, head to Dar El Bacha. At riad El Fenn, once owned by Vanessa Branson, artist Rita Alaoui unveils a new site-specific mural. Close by, the Musée des Confluences offers a long-overdue look at the overlooked painter Mohamed Azouzi. The afternoon continues at Le 18 and Dar Bellarj, two independent spaces imagining new futures. At Le 18, a collaboration with The Minority Globe focuses on women’s weaving traditions from the Taza region.
As evening sets in, return to Jamaâ el-Fna before heading to DaDa to catch a jazz band invited by the Ablakassa platform.
Saturday : La Mamounia & Sidi Ghanem 
The fair opens to the public today. From 11 a.m., La Mamounia unveils the stands of this seventh edition. Twenty-two galleries are installed within Marrakech’s most iconic hotel, and entering the venue remains part of the experience.
One of the defining features of 1-54’s “boutique fair” format is the time it allows: time to look at the works, to speak with gallerists, and to engage with artists who are often present on site. This scale gives the fair a more informal, insider feel. As every year, 1-54 is also accompanied by a programme of talks. For those still navigating Moroccan modernism, a discussion around C.A.S.A: Casablanca Art School Archives (Zamân Books & Curating) takes place at 12:30 p.m., at La Mamounia, with the authors present.
Then, head to Sidi Ghanem, a ten-minute drive from Gueliz. Once Marrakech’s industrial zone, the neighborhood now attracts a new generation of creatives and studios. A mint tea is not to be missed at Jajjah by Hassan Hajjaj, a space with an acid-bright look straight out of the most pop of Moroccan photographers’ universe. Insider tip: couscous is served on Fridays at 1 p.m. Total immersion. It is also a great opportunity to catch The African Game by Nigerian photographer Andrew Dosunmu, a vibrant tribute to football supporters across the African continent.
Just across the street, climb a few steps to MCC Gallery, which presents two compelling painting exhibitions. In her solo show Litotes, Sanae Arraqas revisits the motif of the bed through an expressive palette, where enigmatic forms merge with flowing drapery. For her first painting exhibition, filmmaker Salma Cheddadi unveils a series of portraits whose marble-like faces stand out against bold red monochrome backgrounds charged with sensuality.
As evening falls, Izza is the place to be. More than a hotel-riad, it is a destination in itself, with a rooftop overlooking the medina, a distinctive NFT collection, and the group exhibition État(s) de passage.
Sunday : Montresso Foundation, Hivernage & Medina
After brunch at Blue Ribbon in Gueliz, known for its eco-conscious cuisine, head to the Montresso Foundation, about 20 kilometers from Marrakech on the road to Fez. The foundation presents “Icarus” by African American artist Fahamu Pecou, drawing on both hip-hop culture and the Kingdom of Kongo, alongside “Diáspora do tambor,” part of the IN-Discipline program, combining digital collages by Hebert Amorim, multimedia works by biarritzzz, and a performance by the all-female collective Ilú Obá de Min.
To wind down, stop by the Es Saadi Marrakech Resort in Hivernage, where the Jnane Elisabeth space showcases the private collection of Elisabeth Bauchet Bouhlal. Contemporary works by Mohamed Arejdal and Youness Atbane sit alongside key figures of Moroccan modernism, including Mohamed Melehi and Farid Belkahia.
The afternoon ends in the medina with the opening of Mustapha Azeroual’s exhibition at the new art space of Maison Denise Masson, where abstract works shaped by light are joined by a new solar-based olfactory installation, extending the sensory experience of your art-filled stay in Marrakech.