À Venise, la violence contemporaine vue par Michael Armitage

La Collection Pinault consacre, au Palazzo Grassi de Venise, une vaste exposition à Michael Armitage, peintre né au Kenya en 1984 dont la pratique mêle mémoire personnelle, histoire politique et mythologie. Les grandes toiles, souvent monumentales, entremêlent références d’Afrique de l’Est et iconographie occidentale dans des scènes denses, presque hallucinées, où la violence contemporaine affleure sous des récits apparemment pastoraux. L’exposition met en évidence la manière dont Armitage fait entrer le politique dans l’intime : sexualité, migration, conflit ou folklore deviennent un même langage pictural, oscillant entre chronique et légende. Peignant sur lubugo, un tissu d’écorce ougandais, il fragilise la surface même du tableau : l’image s’impose en se fissurant presque. Chez Armitage, la peinture transforme l’actualité en fable instable où l’histoire apparaît toujours en train de se fabriquer. 

— « Michael Armitage. The Promise of Change », Palazzo Grassi, Venise, du 29 mars 2026 au 10 janvier 2027

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Michael Armitage, Sans titre, 2024, huile sur tissu d’écorce lubugo, 200,7 x 151,1 cm. Pinault Collection. Courtesy de l’artiste et David Zwirner. Photo © Kerry McFate

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