Morad Montazami nommé à la tête de la Biennale de Dakar

Et si la fragilité devenait une force ? C’est le pari de Morad Montazami, nommé directeur artistique de la prochaine Biennale de Dakar, qui ouvrira le 19 novembre. Une figure familière au Maroc, où l’on se souvient de la rétrospective consacrée à Faouzi Laatiris au Musée Mohammed VI en 2016 et plus récemment du nouvel accrochage du MACAAL.

Historien de l’art, éditeur et commissaire d’exposition, il a notamment travaillé à la Tate Modern entre 2014 et 2019 sur les collections Moyen-Orient et Afrique du Nord. Il poursuit depuis plusieurs années un travail de relecture des scènes artistiques du Sud global, notamment à travers la plateforme curatoriale et éditoriale Zamân Books & Curating, au sein de laquelle il dirige une revue et publie de nombreux ouvrages, dont prochainement une somme consacrée à l’École de Casablanca.

À travers  Zamân Books & Curating, il a également conçu plusieurs expositions majeures, parmi lesquelles la rétrospective « New Waves: Mohamed Melehi and the Casablanca Art School » présentée à Londres puis à Marrakech (2019-2020) ainsi que  « The Casablanca Art School » en 2024 à la Tate St Ives, première exposition muséale d’envergure dédiée au groupe de Casa au Royaume-Uni. Son travail sur l’exposition « Présences arabes » au Musée d’Art Moderne de Paris (2024) a permis de revisiter les luttes anticoloniales portées par des intellectuels arabes dans la capitale français tout au long du XXe siècle.

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© DANIELE MOLAJOLI

La vulnérabilité, le soin et le collectif

Pour cette édition, il place sa réflexion sous le signe de l’« (Anti)fragilité », concept emprunté à Nassim Nicholas Taleb. Dans sa note d’intention, Morad Montazami la définit comme une capacité à transformer la vulnérabilité en puissance expressive, en valorisant les dynamiques de co-création et les liens communautaires. « L’(anti)fragilité est aussi une philosophie de la fécondation des mondes et du tremblement.» Dans un monde traversé par les crises, artistes et chercheurs inventent des formes alternatives, s’appuyant sur des savoir-faire locaux, des stratégies de survie ou encore des pratiques de soin. Une dynamique réparatrice où émergent de nouvelles communautés, à la croisée de l’art, de l’artisanat et de la recherche.

Trois axes structureront la biennale : « Les puissances du fragile », « Les arts du soin et de la réparation » et « Les stratégies du contrecoup », autant de manières d’explorer les réponses artistiques aux chocs contemporains : recyclage, solidarités, réinvention des formes du vivre-ensemble. Il s’appuiera sur sa fidèle complice de Zamân Books & Curating, Madeleine de Colnet. L’appel à candidatures est désormais ouvert jusqu’au 15 juin.

La rédaction

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