Copyright / copywrong: où s’arrête l’inspiration, où commence le plagiat ?

À l’heure du tout numérique et de l’image accessible en un clic, l’utilisation d’œuvres déjà existantes – et protégées par le droit d’auteur – est tentante. certains artistes en ont fait leur principe de création avec succès, au risque d’être rattrapés par la justice.

Depuis les années 2010, plusieurs litiges et suspicions de plagiat secouent régulièrement la scène artis- tique marocaine. Particulièrement médiatisée, l’affaire Achraf Baznani défrayait la chronique il y a trois ans, lorsqu’un photographe canadien, Joel Robison, épinglait sur son blog l’artiste marocain dans une tribune aigre-douce, « When imitation stops to be flattering » (quand la copie cesse d’être flatteuse). « De l’éclairage aux accessoires, en pas- sant par les décors ou les poses, tout est repris », dénonçait alors Robison. Face aux accusations relayées par la presse locale, le photographe marocain avait nié en bloc. Souvent dans ce genre de cas, les protagonistes sont renvoyés dos à dos dans un bras de fer dont les réseaux sociaux se font le tribunal populaire, faute d’actions portées en justice. Juri- diquement, la propriété intellectuelle et artistique est pourtant protégée au Maroc depuis 1970. « Le droit marocain est particulièrement proche du droit d’au- teur français, parce qu’il a en grande partie été rédigé sous l’influence de la loi française du 11 mars 1957. Le droit patrimonial y fonctionne de la même manière et consacre le monopole d’exploitation de l’auteur sur son œuvre », note maître Jean-Marc Mojica, avocat spécialiste du droit de la propriété littéraire et artistique en France, par ail- leurs conseiller de la Fondation Belkahia à Marrakech. Aucun procès n’a pour l’ins- tant fait jurisprudence au Maroc dans le domaine de l’art. Qu’en est-il d’autres pays où le droit d’auteur est défendu, voire remis en question ?

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