À Casablanca et Rabat, les artistes du Sud s’exposent

La Fondation Al Mada expose au printemps une vingtaine d’artistes originaires du Sud qu’elle entend ainsi « intégrer pleinement au paysage culturel marocain ». « Nous souhaitons leur donner plus de visibilité », explique Naïma Slimi, responsable des activités culturelles de la fondation qui ouvre la Villa des Arts de Rabat, mais aussi celle de Casablanca, à ces plasticiens pour la plupart formés aux Beaux-Arts de Tétouan mais dont les œuvres demeurent habitées par la terre natale, sa culture, ses formes. L’exposition « Grain de sable » réunit des œuvres de Mohamed Arejdal engagé depuis des années sur  les questions de nomadisme. Mais elle jette surtout un coup de projecteur sur les jeunes artistes, voire les très jeunes pousses. Originaire de Laâyoune, Aymane Errachidi interroge « la géologie inhérente au désert » et sa beauté mystérieuse, reproduisant à échelle démultipliée les formes aléatoires des particules de sable. Saïd Raïs et Karim Barka, tous deux découverts par le public casablancais grâce au programme Mastermind, explorent l’histoire coloniale et les mythes populaires des villes côtières du Sud. Preuve, s’il en est besoin, de la richesse de ces territoires souvent réduits à des stéréotypes exotisants.

Emmanuelle Outtier

— « Grain de sable », Villa des Arts de Rabat et de Casablanca, du 8 avril au 30 juin 2022.

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