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À Casablanca, Yassine Balbzioui conjure nos solitudes contemporaines

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« Ils font ce qu’ils peuvent pour s’amuser et pour survivre. Peut-être ont-ils peur tout simplement de vivre ? », se demande Yassine Balbzioui à propos des trois personnages qu’il met en scène dans sa dernière exposition « Ermites ». Nous voici plongés dans une forêt post-apocalyptique, dans laquelle le peintre interroge le fondement de nos angoisses les plus archaïques. S’il doute que la période actuelle soit propice à l’humour, il n’en explore pas moins le grotesque de nos peurs quotidiennes. À l’instar de ce personnage quelque peu donquichottesque se faisant simplement attaquer par des papillons, ne serions-nous pas tous transis à l’idée de nous retrouver nez à nez avec autrui ? Tel est le paradoxe d’une époque où l’isolement a décuplé en chacun la crainte de se retrouver. Balbzioui, lui, a choisi son credo et poursuit son travail de collaboration avec les artisans produisant ses œuvres. Après les tisseuses de l’atelier Houria Tazi, c’est à un sculpteur qu’il fait aujourd’hui appel pour la réalisation d’une sculpture en bronze représentant un homme avec un arbre surplombant le visage. « S’agit-il d’une corne ? d’un prolongement de sa tête ? », s’interroge l’artiste. On ne sait, tant son imagination débridée brille par sa capacité à confronter le spectateur à la part d’absurde qui réside en lui.

Olivier Rachet

— Yassine Balbzioui, « Ermites », Galerie Shart, Casablanca, à partir du 1er octobre 2021.
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