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[Actu] CAP Prize 2020 : la photographie marocaine catalysée

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Chaque année le CAP Prize distingue des photographes des scènes africaines tout en défrichant des talents. L’édition 2020 révèle ses lauréats, parmi lesquels quelques Marocains connus de DIPTYK.

Les photographes marocains M’hammed Kilito et Ismail Zaidy ont remporté le CAP Prize 2020 (The Contemporary African Photography Prize) annoncé le 10 septembre dernier à Berlin pendant la foire Photo Basel. Ce prix récompense chaque année depuis 2012 cinq photographes africains ou de la diaspora.

Le cru 2020 distingue également César Dezfuli (@dezfuli), Gosette Lubondo (@gosettelubondo) et Rahima Gombo (@rahrahhima) dont on aime les portraits de ces jeunes filles qui, à l’aune de leurs jeux innocents, oublient la menace qui pèse sur les écolières au Nigéria. En 2014, 276 jeunes filles avaient été enlevées par Boko Haram dans le nord-est du pays.

© M'hammed Kilito

C’est avec la série Among you (2019) que M’hammed Kilito (@mhammed_kilito) a séduit le jury international composé de professionnels de l’art. Il y dresse le portrait d’une jeunesse marocaine qui ose faire bouger les lignes : que ce soit par leurs activités créatives, leur apparence ou leur sexualité, ces jeunes véhiculent l’image d’un Maroc alerte, changeant, revendiquant le droit d’être différent et célébrant la diversité”, écrit-il.

Le photographe agence sous forme de diptyque portraits et paysages, jouant sur les rapprochements chromatiques ou de motifs pour créer une correspondance ouverte à la poésie.

© Ismail Zaidy

Ismail Zaidy (@l4artiste), jeune comète soutenue par les ténors Hassan Hajjaj ou Yoriyas, voit sa série ‘3aila’ ( عائلة, ma famille ndlr) primée. Le jeune homme fait partie d’une nouvelle vague marocaine qui joue avec les codes de la photographie de mode pour proposer une approche narrative matinée de symbolisme. Les visages parfois dissimulés ou grimés de couleurs traduisent “le manque de communication” ou la distance qui parfois s’installe entre générations au sein d’un même foyer.

Comme de plus en plus de photographes africains, Zaidy capture ses mises en scène à l’aide de son smartphone. Le système D prévaut : il photographie son jeune frère, sa mère ou sa sœur dans un studio improvisé sur le toit de l’immeuble familial.

©Rahima Gambo

Doucement, le CAP Prize s’impose comme un défricheur de talents. Plusieurs lauréats font désormais partie du circuit international comme Joana Choumali, Phumzile Khanyile, Lebohang Kganye, Fethi Sahraoui ou Nicolas Henry. Pour les artistes, ces prix ont valeur à la fois d’indicateur et de catalyseur de carrière.

Emmanuelle Outtier

Rahima Gambo, série Tatsuniya, 2019
Cesar Dezfuli, série Passengers, 2020
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