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AKAA : une foire qui s’installe dans le paysage parisien

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Pour sa quatrième édition, la foire internationale d’art africain Also Known As Africa (AKAA) mise sur des valeurs sûres et invite de nouvelles structures, notamment africaines. Quelles tendances se dessinent ?

Signe d’un engouement croissant pour l’art contemporain africain, la venue à AKAA de toutes nouvelles galeries telles que 31 Project située à Paris, Bamako Art Gallery ou Botho Project Space basé à Johannesbourg, marque sans doute le début d’une implantation parisienne dont on peut penser qu’elle va perdurer. En témoigne l’organisation de nombreuses expositions en marge de l’évènement telles que « Hier est la mémoire d’aujourd’hui » à l’espace Commines et « Moroccan Portraits » à la 193 Gallery, toutes deux curatées par Armelle Dakouo. Avec une quarantaine d’exposants et plus de 130 artistes présentés, quelques tendances semblent se dessiner, dont on se demande si elles répondent d’abord aux attentes du marché ou rendent compte de l’effervescence artistique d’un continent plus diversifié qu’on ne l’imagine. 

Prince Gyasi, La pureté, 2019, photographie Courtesy de l'artiste et Nil Gallery

Être ou non raccord au monde

Le medium photographique est, cette année encore, omniprésent, avec une nette préférence pour des compositions très esthétisantes, que la photographe marocaine Fatima Mazmouz rencontrée dans les allées de la foire n’hésite pas à qualifier de « performances photographiques ». Une génération d’instagramers, adepte des retouches les plus iconoclastes semble avoir aussi bien les faveurs du public que du marché, si l’on en croit le renouvellement des accrochages. À l’image de Joseph Obanubi représenté par la Galerie Magnin-A, du binôme Artsimous représenté par la Voice Gallery ou des portraits décalés du photographe kenyan Osborne Macharia représentée par Guzo Art Projects. Plus convaincants les photomontages de la performeuse éthiopienne-américaine Helina Metaferia représentée par Nomad Gallery allient un art consommé du collage et une réflexion sur la valeur iconique des images. 

Helina Metaferia, Flower Pot 4, 2019, collage papier Courtesy de l'artiste et Nomad Gallery Brussels

Phénomène apparemment international, la peinture figurative se taille aussi la part du lion, avec un intérêt non démenti pour une hybridation des supports. L’Ougandais Ocom Adonias, représenté par Afriart Gallery, donne à voir des scènes de rue à partir de journaux recyclés et interroge la sainteté au quotidien. Les portraits enlevés de Zemba Luzamba représenté par la galerie sud-africaine Ebony/Curated, les scènes fraternelles et non dénuées d’ironie de Nelson Makamo représenté par Botho Project Space, semblent avoir séduit un large public. Mais notre coup de cœur revient sans doute à la plasticienne zimbabwéenne représentée par 31 Project, Goergina Maxim, dont les compositions textiles lyriquement agencées sont sans doute le signe de cette « renaissance sauvage » qui donne son titre au dernier essai de Guillaume Logé. Renaissance dont la caractéristique serait de travailler avec la nature et l’environnement, dans un souci permanent de rester raccord avec le monde ; évidence que les artistes occidentaux seraient peut-être en train de perdre de vue. 

Olivier Rachet

L'artiste ANJEL à la foire AKAA à Paris
Georgina Maxim, Letters I wasn't Suposed to read, 2019, textile technique mixte. Courtesy de l'artiste et galerie 31 project
Joseph Obanubi, Since it's automatic, I'm thinking about a Yamaha, 2018 Courtesy de l'artiste et galerie Magnin A
Tsham, La rencontre des cultures, 2018, stylo bic sur papier canson Courtesy de l'artiste et galerie Angalia
Soly Cissé, Océans, 2019, acrylique sur toile Coutesy de l'artiste et galerie Chauvy
Osi Audu, Self-Portrait with Yoruba Hairstyle, 2019, acrylique sur toile Cpourtesy de l'artiste et galerie Sakhile & Me
Fatiha Zemmouri,
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