Biennale de Rabat J-5

Dans quelques jours, la première édition de la biennale de Rabat, ouvrira ses portes (24 septembre – 18 décembre). Elle dévoilera une exposition internationale dédiée aux artistes femmes et placée sous le thème « Un instant avant le monde ». 
« Tenter d’écrire un nouveau [monde], depuis l’extrême ouest du continent africain », Rabat en l’occurrence. Pour Abdelkader Damani, commissaire général de la première biennale de Rabat, « on ne peut faire une biennale si on ne répond pas à une urgence ». Celle qui le tenaille et qu’il formule ici est avant tout l’urgence d’un changement de paradigme dans les arts. « Je rêve à la naissance d’une histoire de l’art qui considère la modernité comme la conséquence d’un long récit auquel participent toutes les cultures du monde et non comme l’unique invention européenne », nous confiait-il il y a quelques mois. Décentrer le regard pour « changer d’imaginaire et espérer transformer le réel ». 

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Abdelkader Damani, commissaire de la première biennale de Rabat.

« Les arts isolés sont un triste travers moderne » 

Cette ambition, le commissaire la porte entouré d’une soixantaine d’artistes aux pratiques artistiques extrêmement diverses. « Les arts isolés sont un triste travers moderne » écrivait Nietzsche, Abdelkader Damani en fait son précepte en invitant architectes, chorégraphes, peintres, écrivaines ou cinéastes originaires des quatre coins du monde. 

On retrouvera ainsi des plasticiennes internationales déjà bien identifiées comme Ghada Amer, Zoulikha Bouadellah, Etel Adnan, Marcia Kure ou l’artiste sud-africaine Candice Breitz. Le collectif d’architectes palestinien DAAR actualisera pour cette première édition son œuvre Concrete Tent, symbole de l’exil et d’une mobilité sédentarisée, tandis que la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen proposera une pièce inaugurale inédite, Elephant. Plusieurs oeuvres de Mona Hatoum seront présentées dont le court métrage Measures of Distance (1988) sur la douleur de la séparation avec la mère. L’actualité fera une incursion avec Habiba Djahnine qui rassemble aux côtés de Hania Chabane et de Celle qui manque, une cartographie visuelle des manifestations récentes en Algérie.

LA LISTE DES ARTISTES ICI

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Mona Hatoum, Measures of distance, 1988, vidéo 15’56

Parallèlement à l’exposition internationale, se tiendront plusieurs évènements dont le 2e parlement des écrivaines francophones, une carte blanche Cinéma imaginée par la réalisatrice marocaine Narjiss Nejjar et une proposition dédiée à la scène artistique marocaine concoctée par l’artiste-curateur Mohamed El Baz (Toute la programmation culturelle ici).  

« Faire naître une préoccupation pour l’art contemporain, c’est cela l’essentiel », rappelle souvent Abdelkader Damani. Rendez-vous le 24 septembre. 

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Le programme exhaustif de la biennale sur le site dédié : www.biennale.ma

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Biennale de Rabat, du 24 septembre au 18 décembre, divers lieux dans la ville

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