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[Books and days] Sur les traces du musée de Damas

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Les éditions Zamân Books publient les préfaces des catalogues du musée national syrien, à l’occasion de son centenaire. Une enquête passionnante.

Fermé depuis 2012 et partiellement rouvert depuis, le musée national syrien est le fruit d’une enquête passionnante menée par Mathilde Ayoub. Prélude à un ouvrage futur qui lui serait intégralement consacré, Préfaces à un livre pour un musée syrien, édité par Zâman Books, s’intéresse aux différents catalogues publiés depuis 1919 ; année de fondation du musée après la chute de l’empire ottoman. Ces catalogues ont été par la suite développés à l’occasion de l’exposition coloniale de 1931 alors que la Syrie était encore sous mandat français, mais surtout après les années d’indépendance, sous l’égide des premiers conservateurs du musée Sélim et Andrée Abdul-Hak qui rédigèrent le premier Catalogue illustré des Antiquités gréco-romaines. 

On trouve ainsi mention des Antiquités remontant au IIIème millénaire avant notre ère, en passant par les périodes phénicienne, gréco-romaine ou omeyyade. Les noms de Palmyre, Antioche, Séleucie, Doura-Europos associés aux principaux monuments de la région côtoient les différentes civilisations cananéenne, nabatéenne, byzantine ou abbasside. Ce livre bilingue « s’ouvre dans les deux sens, commente Mathilde Ayoub, et permet ainsi de remonter le temps dans ces deux langues que sont l’arabe et le français. »

Mais on retiendra surtout ce propos datant de 1953, tiré des Annales archéologiques de Syrie, au cours duquel le conservateur Sélim Abdal-Hak, dont Mathilde Ayoub nous rappelle qu’il a été formé à l’École du Louvre, plaidait déjà en faveur de la restitution des objets violemment pillés : « Les grands musées seront invités ou bien à̀ renoncer à̀ quelques antiquités qui ne déparent pas leurs collections au profit des pays spoliés, ou à̀ envoyer dans les musées de ces derniers pays des répliques, et des maquettes des œuvres architecturales déplacées, avec toutes les publications qui les concernent ». Il ajoute qu’on « peut imaginer aussi un système d’échanges librement consentis entre les collections des grands musées, et les antiquités récemment découvertes et conservées dans leurs pays d’origine. » Des propositions toujours actuelles !

Préfaces à un livre pour un musée syrien, édité par Mathilde Ayoub, éditions Zâman Books, crédit photographique Maxime Leyvastre, conception graphique Tom&Delhia, p.258, juin 2020

site : http://zamanbc.com/prefaces-a-un-livre-pour-un-musee-syrien/

Olivier Rachet

photo de couverture : ©Maxime Leyvastre
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