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Chagall, Picasso, Gharbaoui : Artcurial mise sur une vente d’hiver ciselée

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La maison de vente parisienne, désormais implantée au Maroc, organise sa traditionnelle vente de fin d’année. Cette 5e édition fait se côtoyer Melehi, Chaïbia ou Gharbaoui et des œuvres de Chagall, Picasso, Matisse et Miró, tout en faisant la part belle aux contemporains de Majorelle. Une sélection à découvrir jusqu’au 17 novembre à la galerie Venise Cadre à Casablanca avant sa mise aux enchères le 30 décembre prochain à Marrakech.

Depuis son implantation à Marrakech, la maison de ventes Artcurial travaille avec beaucoup de rigueur à sa vente-phare annuelle. « Un hiver marocain » occupe à la fois le créneau le plus qualitatif de l’année, les fêtes de fin d’année, mais aussi le lieu emblématique du luxe marrakchi, La Mamounia, cette année rénovée. Pour  sa 5e édition, la vente ne change pas une formule qui fonctionne. Trois capsules se succèdent pour recruter les collectionneurs sur trois secteurs de marché : la peinture orientaliste, la peinture moderne (cette année, internationale) et l’art contemporain africain.

Bernard Boutet de Monvel, Fès (6 heures), huile sur toile, 64,5 x 91 cm. Courtesy Artcurial - Estimé 2 500 000 – 3 500 000 MAD

Toujours très ciselé et jamais démodé, quoi qu’on puisse en dire, le chapitre « Majorelle & ses contemporains » revient avec les signatures gagnantes des éditions précédentes, des oeuvres de Dinet, Ackein, Roubtzoff ou encore le rare Boutet de Monvel. Cette année, le marketing de la vente joue la contagion positive en composant une section Art moderne & contemporain internationale, intégrant les artistes modernes marocains à un ensemble plus vaste. Chaïbia, Melehi, Gharbaoui et El Glaoui côtoieront Chagall, Picasso, Matisse ou Miró. L’histoire de l’art l’exige d’un point de vue formel : Melehi devrait toujours figurer aux côtés d’Elsworth Kelly, Hamidi aux côtés de Poliakov, ou encore Gharbaoui de Georges Mathieu ! Il est temps en effet que les cotes s’ajustent et c’est le principe d’une telle vente.

Mohamed Melehi, Composition, 1970-71, cellulosique sur panneau, 110 x 95 cm. Courtesy Artcurial - Estimé 1 000 000 – 1 500 000 MAD

Les collectionneurs trouveront un Gharbaoui (280 000 – 365 000 MAD), un Chaïbia (335 000 – 440 000 MAD) ou encore une œuvre historique de Melehi datée de 1970, année cruciale dans le travail de l’artiste (1 000 000 – 1 500 000 MAD), tous issus de collections privées marocaines. Toujours de Melehi, une Flamme, œuvre symbolique d’une taille rarissime (2,30 x 1,70 mètre), est également estimée à 1 000 000 – 1 500 000 MAD.

Pour l’art moderne international, il faudra suivre la pièce-maîtresse de la vente, une huile sur toile de Chagall, Les amoureux au carré vert (13 600 000 – 16 700 000 MAD), dont le peintre décrit la couleur comme « un rayon de liberté, source et fondement de l’art ». On attend aussi du spectacle dans la salle pour qui s’adjugera cette encre sur papier d’Henri Matisse, Odalisque étendue (1 600 000 – 2 100 000 MAD), cette aquarelle, gouache et encre sur papier de Joan Miró (1 100 000 –1 500 000 MAD), ou encore la grande encre et plume sur papier de Picasso, Chevalier et picador dans l’arène (2 100 000 – 3 100 000 MAD).

Pilipili Mulongoy, Sans titre (La chasse des guépards), huile sur toile, 107 x 180 cm. Courtesy Artcurial - Estimé : 130 000 – 190 000 MAD

Dans la section Art contemporain africain, on trouve des artistes confirmés ou émergents, à l’image des scènes très diverses du continent. Notamment une œuvre de Pilipili Mulongoy (125 000 – 190 000 MAD), artiste congolais emblématique du Hangar, dont les représentations oniriques de la nature ont récemment emballé les ventes aux enchères à Paris. Montré à la Fondation Louis Vuitton, à la Fondation Cartier et au Museum of Modern Art de New York (une des toutes premières expositions monographiques pour un artiste africain), l’artiste Bodys Isek Kingelez sera également de la partie avec l’une de ses tours afrofuturistes, Seattle. Côté émergents, on trouve l’incontournable Aboudia, même si les prix de cet artiste installé entre Abidjan et Brooklyn suivent une belle trajectoire. Son œuvre en technique mixte, collage et carton est estimée à 330 000 – 550 000 MAD. Cap aussi sur l’Afrique de l’Est avec le Kényan Joseph Bertiers, l’Ougandais Arim Andrew et une œuvre sur papier de Tsham, sans oublier les œuvres textiles des artistes angolaises Ana Silva et Keyezua, dont on suivra avec intérêt le parcours.

Toujours très soucieux de s’implanter dans le tissu socio-économique marocain, Artcurial a inclus à la vente une section caritative. Ainsi, la totalité de l’adjudication des œuvres de Rabi’, Bellamine, El Baz, Yamou, Binebine, Hajjaj, Zemmouri, Boujemaoui, Mourabiti, Cherkaoui, Balbzioui, Bouhchichi et Erruas sera versée à l’association Chourouk, en faveur de la construction d’une école maternelle à Tahanaout.

Rym Abouker

Artcurial « Un Hiver Marocain », La Mamounia – Marrakech, le 30 décembre 2021.

Pré-exposition à la Galerie Venise Cadre –  Casablanca, du 15 au 17 décembre 2021.

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