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Comment acheter les portraits afro-punk de Kudzanai-Violet Hwami ?

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Ses oeuvres figuratives abordent les problématiques de genre, la sexualité, l’identité, la violence… exactement ce que les institutions, les collectionneurs et le marché recherchent en ce moment pour réécrire une histoire plus inclusive.

Entre culture afro-punk et communauté LGBTQ+, les portraits de Kudzanai-Violet Hwami contribuent à la « Renaissance noire » qui s’impose comme l’une des tendances les plus profondes de notre époque. Parmi ses sources d’inspiration, on trouve les artistes ayant permis l’émergence de cette nouvelle peinture figurative, en premier lieu les Américains Henry Taylor et Kerry James Marshall, ainsi que l’artiste britannique Lynette Yiadom-Boakye. Kudzanai-Violet Hwami ne s’inscrit pas seulement dans le sillage pictural de ces peintres désormais célèbres, elle partage désormais avec eux un immense succès commercial. Les collectionneurs raffolent tellement de son travail que la jeune femme de 28 ans a déjà atteint aux enchères le seuil du demi-million de dollars.

Kudzanai-Violet Hwami, Eve on Psilocybin, 2018, huile sur toile, 129,9 x 138,1 cm. © Phillips Vendu 252 000 $

Avant d’en arriver là, Kudzanai-Violet a quitté le Zimbabwe à l’âge de 9 ans en raison des troubles politiques. Après quelques années passées en Afrique du Sud, elle déménage à Londres à 17 ans et se forme au Wimbledon College of Arts, dont elle sort diplômée en 2016. La même année, elle remporte deux prix, le Clyde & Co Award et celui des Zimbabwean International Women’s Awards. Les expositions s’enchaînent à Londres (Tyburn Gallery) et en France (entre autres à l’Atelier de Rennes et au Triangle), jusqu’à Venise où elle fait partie des artistes représentant le Zimbabwe lors de la Biennale en 2019. Il faut attendre quelques mois de plus et l’engagement à ses côtés de la puissante galerie Victoria Miro pour que se manifestent les premiers frémissements sur le marché de l’art.

À peine arrivée sur le second marché en 2020, Kudzanai-Violet décroche 252 000 $ avec une toile achevée deux ans plus tôt et initialement estimée entre 30 000 et 40 000 $. Ce prix, atteint lors d’une session new yorkaise de Phillips, illustre l’engouement incroyable que suscite cette peinture engagée sur l’identité noire. Plus récemment, le 19 avril 2021, une odalisque noire a fait trembler les enchères de Hong Kong, avec un impressionnant record de 487 000 $, plus de dix fois l’estimation basse. Le coup de marteau est tombé pour Skye waNehanda chez Sotheby’s. Achetée il y a quatre ans auprès de la galerie Tyburn, cette toile en est déjà à son quatrième changement de propriétaire… Derrière l’urgence de légitimer un travail de déconstruction des stéréotypes et des rapports de domination, ces reventes très rapides illustrent l’avidité du marché pour des signatures brûlantes, dont les possibilités de plus-value sont très conséquentes.

Celine Moine, Artmarket.com

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