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Comment fabrique-t-on une visite virtuelle ?

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Confinement oblige, les visites d’exposition en ligne ont poussé ces derniers temps comme des champignons. Comment fabrique-t-on une visite virtuelle ? 3D ou 360°, quels avantages ? Petit mode d’emploi.

Institutions publiques ou privées, galeries, artistes : tous s’essaient aujourd’hui à la visite virtuelle en 3D ou à 360°. Mais quelle différence entre les deux ? La visite virtuelle à 360° invite le plus souvent à l’immersion et recherche l’illusion de réalité, au détriment parfois de la qualité du rendu des œuvres. « Le défi, nous précise Omar Dyouri Ayadi fondateur de l’agence digitale Virtuelli, est de se rapprocher le maximum possible de la réalité ». Son agence a réalisé l’intégralité des visites virtuelles du Musée Mohammed VI, disponibles depuis le confinement sur le site www.fnm.visite360.ma. Un simple appareil photo reflex numérique DSLR (Digital Single-Lens Reflex) permet ainsi d’effectuer des prises de vue à 360°, après avoir au préalable scénarisé, en compagnie des médiateurs culturels du musée et des curateurs, la visite. L’agence prépare actuellement la possibilité d’effectuer, sur réservation, des visites guidées en ligne.

À l’inverse, la visite en 3D commence par scanner les œuvres en haute définition et les intégre à une plateforme déjà existante. C’est ce type d’outil numérique que privilégient une galerie comme African Arty ou un artiste comme Mohamed El Baz. Ce dernier a profité du confinement pour réaliser, en compagnie d’Olivier Nolin, fondateur et directeur de l’agence digitale by-ON, sa première exposition entièrement virtuelle créée à partir d’œuvres existantes. Dans ces deux cas, il a été fait appel à une plateforme allemande Kunstmatrix assez simple d’utilisation.  Le choix des couleurs et l’agencement des salles est paramétrable et, selon Jacques-Antoine Gannat fondateur d’African Arty, « d’une grande maniabilité ».  Mais cette technologie, utilisée aussi par la Galerie Magnin-A, vaut surtout pour la qualité des œuvres reproduites, pouvant atteindre jusqu’à 5000 pixels : « Dans les prises de vue à 360°, reconnaît Olivier Nolin, l’œuvre pèse souvent autant que le mur. La définition des œuvres n’est pas toujours optimale ». 

Se pose alors la question de la finalité de tels outils de diffusion. S’il s’agit comme le souligne Omar Dyouri Ayadi d’archiver la scénographie d’une exposition et d’inciter les visiteurs à se rendre au musée, dans la droite ligne du souci de démocratiser l’accès à la culture qui est celui du MMVI, une visite immersive à 360° sera à même de susciter le désir du spectateur. Mais « en matière de digital, prévient Olivier Nolin, il faut éviter d’entrer dans une surenchère technologique ». Le souci d’informer doit primer sur les prouesses technologiques. Cette secrète alchimie a sans doute été atteinte dans l’exposition virtuelle Material insanity réalisée en 2019 pour le MACAAL par l’agence digitale Kamaweb. M’hamed Mouabar, son fondateur, a travaillé main dans la main avec Meriem Berrada, la directrice artistique du musée. L’intégration du descriptif des œuvres apporte une dimension pédagogique non négligeable à la visite. « Le virtuel doit être multimédiums », conclut Olivier Nolin conscient que cette technologie constitue aussi un outil de communication non négligeable dont devraient s’emparer les principales fondations pour faire connaître leurs collections.

Quant à l’impact sur les ventes en ligne, s’il est encore trop tôt pour se prononcer, force est de constater un infléchissement sensible : « Sur les 4 derniers mois, 30% des ventes concernant nos collectionneurs déjà clients ont été déclenchées après une visite en ligne », témoigne Jacques-Antoine Gannat

Olivier Rachet

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