La Diriyah Contemporary Art Biennale ouvrira sa troisième édition le 30 janvier 2026 dans le JAX District, à Diriyah, aux portes de Riyad. Intitulée في الحِلّ والترحال (In Interludes and Transitions), cette édition est placée sous la direction artistique de Nora Razian et Sabih Ahmed, deux figures montantes des scènes curatoriales du Golfe et d’Asie du Sud.
Nora Razian, directrice adjointe et responsable des expositions et programmes à Art Jameel (Jeddah et Dubaï), développe depuis plusieurs années une approche attentive aux récits régionaux, aux formes situées de modernité et aux circulations culturelles dans le monde arabe. Curateur, théoricien et Projects Advisor à l’Ishara Art Foundation à Dubaï, Sabih Ahmed s’est, quant à lui, imposé par des projets qui sondent les temporalités non linéaires, les héritages postcoloniaux et les pratiques artistiques du Sud global. On comprend que leur association inscrit la biennale dans une continuité curatoriale déjà visible à Sharjah, Lahore, Kochi ou encore Dakar.Prenant pour point de départ les circulations, migrations et transformations qui relient historiquement le monde arabe à d’autres géographies, la biennale s’inscrit dans un axe devenu central des grandes expositions internationales. De The Short Century: Independence and Liberation Movements in Africa, 1945–1994 par Okwui Enwezor aux biennales de Sharjah, Gwangju ou São Paulo, en passant par des expositions récentes consacrées aux routes, aux échanges et aux écologies de la mobilité, cette généalogie thématique cherche à cartographier des territoires et à lire le monde à travers ses flux, ses passages et ses zones de friction. À Diriyah, ce cadre trouve une résonance particulière dans un site historiquement marqué justement par le commerce, le déplacement et la transmission.

La biennale déploie également une réflexion sur le temps, envisagé davantage comme une stratification de récits, de rythmes et de mémoires. Récits en mouvement, transmissions culturelles, pratiques de survivance et formes de résilience collective face aux bouleversements sociaux et écologiques structurent un projet qui dialogue avec les préoccupations contemporaines de nombreuses institutions internationales, de la Tate aux biennales latino-américaines ou africaines, où la question écologique se pense aujourd’hui avec celle des héritages culturels et des cosmologies locales.La scénographie sera confiée au studio italien Formafantasma, dont le travail se distingue par une approche critique du design et de l’exposition. Formafantasma conçoit l’espace comme un dispositif narratif et politique, attentif aux matériaux, aux circulations du corps et à la relation entre œuvres, architecture et environnement. À Diriyah, nous regarderons de quelle manière cette scénographie prétend accompagner le projet curatorial et si elle parvient à faire émerger les strates historiques et symboliques du lieu.Réunissant plus de 65 artistes de 37 pays, dont Etel Adnan, Pacita Abad, Ismaïl Bahri, Taysir Batniji, Samia Halaby, Hazem Harb, Elias Sime, Raqs Media Collective ou Thảo Nguyên Phan, la Diriyah Contemporary Art Biennale 2026 affirme une orientationtransgénérationnelle et transdisciplinaire.
Diptyk couvrira cette édition dès les visites presse, les derniers jours de janvier, avant l’ouverture grand public. Suivez-nous en ligne pour vivre cette biennale en direct !
Meryem Sebti

The Diriyah Contemporary Art Biennale will open its third edition on 30 January 2026 in the JAX District, in Diriyah, on the outskirts of Riyadh. Titled في الحِلّ والترحال (In Interludes and Transitions), the biennale is curated by Nora Razian and Sabih Ahmed, two emerging figures on the curatorial scenes of the Gulf and South Asia.
Nora Razian, Deputy Director and Head of Exhibitions and Programs at Art Jameel in Jeddah and Dubai, has developed an approach attentive to regional narratives, situated forms of modernity and cultural circulations across the Arab world. Sabih Ahmed, a curator, theorist and Projects Advisor at the Ishara Art Foundation in Dubai, has established his practice through projects that engage with non-linear temporalities, postcolonial legacies and artistic practices from the Global South. Their collaboration situates the biennale within a curatorial continuity already visible in contexts such as Sharjah, Lahore, Kochi and Dakar.
