[Expo] Imane Djamil sublime Tarfaya

L’exposition 80 miles to Atlantis d’Imane Djamil élève les paysages ensablés de Tarfaya au rang de légende. Pour cette série, la photographe a remporté le prix Nouvelles écritures de la photographie environnementale 2021, initié par le Festival Photo La Gacilly en Bretagne. 
Vestiges d’un passé colonial oublié, les paysages de Tarfaya fascinent depuis longtemps la photographe Imane Djamil. Situés face aux îles Canaries, à quelques lieues de la mythique Atlantide qui aurait été, selon la légende relayée par le philosophe Platon, engloutie par les eaux, ces espaces abandonnés témoignent d’un passé légendaire. Temps de splendeur que la photographe réactive à travers des mises en scène d’une réelle force poétique.

Armas
Imane Djamil, ARMAS
75 x 110 cm, Tirage Fine Art Pigmentaire, 2020

Une ancienne forteresse espagnole à l’état de ruine devient, le temps d’un après-midi, le lieu de célébration d’un goûter d’anniversaire. L’ancien cinéma de la ville à l’architecture désossée et livré aux quatre vents, se transforme en une scène de théâtre improvisée. Une piscine ensablée devient terrain de jeu. Les jeunes gens photographiés par l’artiste brillent d’une joie de vivre communicative, comme si la seule présence de l’objectif photographique opérait la magie de redonner vie à un territoire enclavé.

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Membre du récent collectif  Koz fondé pendant le confinement, la photographe sublime dans des couleurs pastel patiemment retravaillées, la beauté d’une ville mythique menacée de disparaître sous l’ensablement et l’oubli. Grâce à un art consommé de la composition en triptyque, à une maîtrise des angles de prise de vue, 80 miles to Atlantis dessine les contours d’une narration dans laquelle chaque personnage devient l’acteur de sa propre vie. Une attention tout aussi grande est portée à des détails d’une grande force métaphorique, à l’image de cette mâchoire de mouton au centre d’un triptyque qui relate une simple scène de rasage entre amis devenant l’image troublante de ces jeunes vies sacrifiées.

Au final, Imane Djamil raconte sans doute aussi une histoire plus intime qu’il n’y paraît de blessures secrètes et de dépossession, ravivées par la joie simple d’être ensemble. Quand le paysage se fait autoportrait sensible…

Olivier Rachet
Exposition 80 miles to Atlantis d’Imane Djamil, CDA Gallery, Casablanca, jusqu’au 22 mars 2021. 

80-Miles-to-Atlantis-9_THE-BATHROOM-I
Imane Djamil, UNUSUAL GUIDE TO GROOMING I, 35 x 45 cm, Fine art print,
2020

80-Miles-to-Atlantis-10_THE-BATHROOM,-DENTURES-II
Imane Djamil, UNUSUAL GUIDE TO GROOMING II – DENTURES, 35 x 45 cm,
Fine art print, 2020.

80-Miles-to-Atlantis-11_THE-BATHROOM-III
Imane Djamil, UNUSUAL GUIDE TO GROOMING III, 35 x 45 cm, Fine art print, 2020.

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