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[Expo] Kader Attia remue l’art dans la plaie

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Kader Attia s’installe au Mathaf avec deux nouveaux corpus d’œuvres spécialement conçus pour les espaces de l’institution qatarienne. Fruit d’une discussion avec Abdellah Karroum qui en assure le commissariat, l’exposition « On silence » continue d’explorer le thème du traumatisme cher au plasticien. Avec l’installation The Object’s Interlacing (2020) composée de reproductions de sculptures africaines, Attia s’empare d’un sujet brûlant d’actualité, celui de l’impossible réparation à travers la restitution parfois problématique des œuvres d’art pillées pendant la période coloniale. Quel est ce silence assourdissant que révèle la présence de ces objets exposés dans les plus grands musées occidentaux pour leur valeur esthétique, sans mention de leur condition d’acquisition ? Une cicatrice dévoilée aux yeux de tous, sans conscience de l’extrême violence de l’arrachement, à l’image de ces prothèses que Kader Attia agence dans l’installation On Silence (2021) – membres artificiels qui se substituent à la blessure originelle autant qu’ils la soustraient à la vue. L’exposition au Mathaf présente également des œuvres plus anciennes comme Ghost (2007) faite de corps agenouillés, fantômes d’un passé omniprésent qui ne cesse de hanter notre mémoire collective.

Emmanuelle Outtier
— Kader Attia, « On silence », Mathaf Doha, jusqu’au 31 mars 2022.
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