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[Expo] Quand le photojournalisme se déconfine

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L’exposition À bonne distance(s) investit l’espace public à Rabat et témoigne d’une actualité devenue mondialement uniformisée. Une invitation à réfléchir sur la portée informative des images, à l’heure d’une production devenue exponentielle. 

Toujours à l’affût de nouvelles images, les photojournalistes disséminés à travers le monde, se retrouvent depuis un an dans la position paradoxale de devoir témoigner d’une actualité qui s’inscrit à la fois dans la durée et tend à s’uniformiser. Partout – de Wuhan à Tokyo, en passant par Casablanca ou New York –, les mêmes gestes barrières, les mêmes contraintes de distanciation physique, les mêmes peurs.

L’exposition À bonne distance(s) présentée à Rabat par l’Agence Française de Presse (AFP), en collaboration avec l’Institut Français et la Fondation Nationale des Musées, témoigne de la mondialisation d’un événement qui a perturbé la pratique du photojournalisme elle-même. Le photographe marocain Fadel Senna souligne la difficulté de créer de l’information à partir d’une situation aussi inédite : « Il ne faut pas perdre de vue que le photojournaliste se doit avant tout d’informer », en tenant compte du code de déontologie propre à la profession.

Pour autant, à la vue de ces bouquetins photographiés par Mitzpe Ramon à la périphérie d’une ville située aux confins du désert de Néguev (Israël) ou de cet enfant immortalisé sur un trottoir de Bangkok entre deux cercles de distanciation physique par Mladen Antonov, on mesure combien est ténue la frontière séparant la street photo et le photojournalisme stricto sensu. « La frontière entre les deux est très étroite », reconnaît Fadel Senna et pose la question de la légitimité  des documents visuels à l’heure où la presse est de plus en plus concurrencée par les réseaux sociaux et autres applications numériques.

Reste que cette manifestation présentée en grande partie dans l’espace public, sur le parvis du Fort Rottembourg (Musée National de la photographie, ndlr) ou les grilles du Jardin d’essais botaniques, réussit le pari d’aller à la rencontre d’un public fréquentant peu les lieux institutionnels. Une ambition pédagogique à saluer.

Olivier

Exposition : « À bonne distance(s) » Rabat – jusqu’au 30 juin 2021, Jardin d’essais botaniques, Institut Français de Rabat et Musée national de la photographie.
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