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Generally we feel guilty doing bad. but sometimes we drown in the guilt of every good thing we couldn’t do.
What is worse than the pain of beautiful memories? The loneliness following it. Sometimes loneliness means you are missing yourself. It's the true path of being the real you.
- I feel stranger to myself, my feelings are consumed. But this anger still burns inside. - No one can put out a fire ignited by the pain darling. Anger is a broken mirror that reflects the truth in its ugliest forms.
- Have you forgotten me ? - I dont see you in my dreams anymore. Forgetting does not erase memory. It lays the emotion surrounding the memory to rest.
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Fatimzohra Serri: À quoi rêvent les jeunes filles ?

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La jeune photographe de Nador présentait son fil Instagram dans l’exposition collective Daba Photo au 18 de Marrakech en octobre dernier. Dans son journal – pas si intime que ça – en ligne, elle livre un instantané d’une nouvelle génération de jeunes filles, dont les rêves ne demandent qu’à se déployer.

Ses légendes fonctionnent comme des tribunes poétiques, des mantras philosophiques d’abord adressés à elle-même.

Accroupie aux pieds d’un homme sans visage, une petite Cendrillon de la médina s’affaire. Elle ne lit pas le journal, elle. Elle se contente d’en ramasser les pages chiffonnées pour nourrir l’âtre de son univers, un réchaud et une bouilloire pour préparer le thé. Cendrillon attend son prince charmant, une chemise d’homme vide ornée de fleurs, elle plonge son désespoir dans la rivière et attise sa colère dans un grand feu de joie. Et puis, pour tromper l’ennui, elle raconte des histoires.

Shéhérazade, Antigone, Ophélie… Ces héroïnes mythiques de la littérature arabe et occidentale planent toutes dans les mises en scène de Fatimzohra Serri qui, en digne représentante de la génération millenials, semble avoir digéré la culture universelle à la vitesse de l’éclair. La maturité visuelle de cette photographe de 23 ans surprend. Pourtant, tout ne coule pas de source quand on est une jeune femme de Nador et qu’on veut devenir artiste : « J’ai grandi en entendant fréquemment les mots ‘interdit’ et ‘honteux’, qui sont, à mon sens, les lignes selon lesquelles la société résume les objectifs et les ambitions de la femme dans sa vie ». Voilà qui aurait de quoi couper les ailes. Mais Fatimzohra Serri a décidé de se tracer un autre chemin. Comme guidée par Rêves de femme, le doux plaidoyer romancé de Fatima Mernissi où le double de l’auteure s’imagine s’envoler au delà des murs du harem, Fatimzohra Serri brise les murs invisibles par la photographie. « Je me suis inspirée des récits d’artistes qui ont rompu les tabous, lutté pour leur liberté, l’égalité des droits. Pour faire preuve de créativité et faire entendre leur voix, surtout dans les communautés conservatrices. »

Si elle aime les œuvres de Shirin Neshat, car elles sont « centrées sur les contrastes entre l’islam et l’Occident, la féminité et la masculinité », les images de Fatimzohra Serri sont plus ancrées dans la réalité, et c’est ce qui fait leur force. On sent le côté bricolé à la maison. Pas de grands tableaux à renfort d’étoffes chatoyantes et de palais marrakchi, comme chez Lalla Essaydi, ni de radicalité, comme dans les autoportraits de Fatima Mazmouz qui disséquaient sans ambages l’image de la femme-mère dans la culture musulmane. Fatimzohra Serri fait du skateboard, boit des smoothies et se dit « fatiguée d’être nommée nudité (awrah) ».

Posts Instagram oblige (le seul moyen de diffusion qu’elle a jusque-là choisi), ses images font aussi la part belle au texte. Ses légendes fonctionnent comme des tribunes poétiques, des mantras philosophiques d’abord adressés à elle- même. « Personne ne peut éteindre un feu allumé par la douleur chérie. / Parfois, la solitude signifie que vous manquez à vous-même. / L’oubli n’efface pas la mémoire. Il immobilise l’émotion entourant la mémoire pour se reposer. »

Marie Moignard

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