En 18 ans, la galerie fondée par Nathalie Locatelli a contribué à donner ses lettres de noblesse à l’art photographique au Maroc. Elle met pourtant aujourd’hui la clef sous la porte.
La nouvelle en a surpris plus d’un. La Galerie 127, dirigée depuis 2006 par Nathalie Locatelli, dans le quartier de Guéliz à Marrakech, ne rouvrira pas en septembre prochain. L’annonce, faite sur les réseaux sociaux, témoigne peut-être d’un changement d’époque. On se souvient pour l’heure de la centaine d’expositions proposées au public marrakchi, qui ont mis à l’honneur des photographes amoureux du Maroc, telles que Flore ou Carolle Benitah récemment disparue. Toutes deux ont, par ailleurs, réalisé de nombreux livres photos soutenus par la galeriste. La 127, comme on a coutume de l’appeler, a contribué à faire connaître de nombreux photographes émergents comme Safaa Mazirh, Aassmaa Akhannouch, Hicham Gardaf, Sara Imloul ou Ziad Naitaddi, lesquels ont su être accompagnés dans des processus de production coûteux et exigeants. Comment ne pas mentionner aussi ces artistes-phares représentés souvent par Nathalie Locatelli dans des foires internationales telles que Paris Photo ou la 1-54 : Daoud Aoulad Syad, Fatima Mazmouz ou Denis Dailleux ? Saluons le travail accompli pendant toutes ces années pour professionnaliser un secteur devenu aujourd’hui de plus en plus prisé par les jeunes générations ; quand bien même on est en droit de se demander si la frilosité du marché intérieur, le manque de soutien d’un secteur pourtant en plein essor et le virage numérique qui relance la donne en termes de production et de diffusion, n’ont pas eu raison de cette aventure exceptionnelle. Olivier Rachet