La philosophie Gnawa pour préparer la Biennale de São Paulo

La Biennale de São Paulo a fait escale à Marrakech, les 14 et 15 novembre, pour inaugurer un ensemble de rencontres, en prélude de sa prochaine édition. Elle proposait, pendant deux jours, une programmation publique au 18 et à Dar Bellarj autour de l’écoute.
La 36ème Biennale de São Paulo, prévue en 2025, adopte une démarche amorcée par d’autres biennales internationales en présentant des avant-premières organisées hors du pays hôte. Ces “Invocations”, comme elles ont été intitulées, auront lieu dans quatre villes à travers le monde : Marrakech (Maroc) Les Abymes, Grande-Terre (Guadeloupe), Zanzibar (Tanzanie) Tokyo (Japon). Entouré et accompagné de la curatrice marocaine Alya Sebti et des Brésiliens Anna Roberta Goetz et Thiago de Paula Souza, le commissaire général, Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, a donc choisi Marrakech comme première étape de ces présentations pour questionner “la musique Gnawa comme manière d’être, les cultures soufies et l’écoute comme pratique de coexistence”. Dans l’invocation, il y a voix, et c’est en effet autour de la voix humaine que se déroule le fil conducteur de cette programmation, avec un titre qui appelle à un certain sursaut, Souffles : sur l’écoute profonde et la réception active. Cette intention curatoriale met en lien la poésie engagée africaine et afro-américaine avec la spiritualité de la musique gnawa. Lors d’une lecture, la fondatrice du 18 Laila Hida, accompagnée par le musicien Mourad Belouadi, a construit un récit fait de mythes, de souvenirs familiaux et de points d’attache symboliques. Le réalisateur Ghassan El Hakim a invoqué, quant à lui, le rôle du maître Maalem Abdellah El Gourd dans son éveil personnel. L’artiste sud-africaine Simnikiwe Buhlungu ou encore un film du chorégraphe Taoufiq Izeddiou ont permis d’appréhender les aspects les plus essentiels de l’écoute ou de la danse comme pratiques de connaissance et de libération. Pour la deuxième journée de cette invocation sont intervenues les intellectuelles Kenza Sefrioui et Fatima-Zahra Lakrissa sur les revues Souffles et Maghreb Art. La soirée s’est fini avec la participation à Dar Bellarj « des Mamans Douées » et Lalla Khala pour une hadra (séance de chant soufi, ndlr). Juan Palao

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Le commissaire Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, Simnikiwe Buhlungu (artiste sudafricaine), Thiago de Paula Souza et Alya Sebti (co-commisissaires).
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Mourad Belaoudi et Laila Hida

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