LES NOUVELLES MATIÈRES DE MOA BENNANI

En offrant une trentaine d’œuvres inédites, l’artiste de l’abstraction lyrique rappelle sa fascination pour les supports primitifs. Toile de jute, bois, cuir auxquels il tente d’insuffler une nouvelle vie.

Il se définit comme un matiériste, un ouvrier de la matière plutôt qu’un peintre. Comme un ferronnier dans son rapport avec le fer, un ébéniste avec le bois. Cet acharnement sur la matière, c’est la marque de fabrique de Moa Bennani. Une matière sous-tendue par un rapport passionné au sensible, aux couleurs de l’océan et de la terre. Pour cette nouvelle exposition, le khôl et l’os viennent s’ajouter à la palette de matières de l’artiste. « Ce n’est pas une nouveauté en soi, mais une continuité de mon travail. Je suis toujours à la recherche de nouvelles textures, peaux, matières… qui peuvent être utilisables dans ma peinture », précise l’artiste.

Chez Moa, chaque peinture a une histoire liée à sa genèse. « Je ne pars jamais du néant mais de choses vues et vécues. Cela peut être des paysages, une photo, des choses banales, une tache de sang sur un carrelage blanc… Je vois des œuvres abstraites tout autour de moi », ajoute-t-il. Porté par une inspiration venue tout droit de la réalité, Moa se définit comme un interprète, non comme un copiste. Il insiste : « je ne peins pas la réalité, je peins l’expression de la réalité ». D’où cette nécessité de toucher ses propres limites, de ne pas se conformer dans un savoir-faire mais de s’essouffler à chaque fois en se donnant à un objet avec lequel l’artiste entretient un colloque passionné depuis plus de quarante ans…

Moa Bennani, Loft Art Gallery, jusqu'au 14 janvier 2012

Lire la suite dans diptyk n° 13.

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...