Les Rencontres d’Arles s’ouvrent à l’Afrique

Pour leur 57ème édition placée sous le signe du vivant, les Rencontres photographiques d’Arles mettent à l’honneur les photographes du continent africain et de l’espace méditerranéen. 

Elle donne le la. L’affiche du festival réalisée par le photographe ghanéen Carlos Idun-Tawiah, annonce une édition qui s’ouvre aux artistes du continent africain. L’un des chapitres principaux de la programmation, « Indépendances », proposera une exposition collective « Ghana, Rêver l’indépendance 1957-1976 » avec des œuvres d’artistes historiques tels que James Barnor et de photographes contemporains. Le photographe ivoirien Paul Kodjo, disparu en 2021, sera à l’honneur d’une exposition monographique « Photoromance » qui donnera sans doute la mesure d’un travail ayant immortalisé les élans de la jeunesse ivoirienne dans les années post-indépendance, à l’image du photographe malien Malick Sidibé. Parmi les autres photographes du continent figure le Congolais Sammy Baloji qui proposera une histoire de la sécession katangaise dans les années 1960, quelques semaines après l’indépendance du Congo-Kinshasa. On découvrira le travail de collage et de photomontage de la photographe sud-africaine Thato Toeba dans une exposition intitulée « Tout le monde peut être Lucifer », ainsi que le quatrième chapitre du projet de Katia Kameli, « Un roman algérien » centré autour de la génération de l’écrivaine algérienne Assia Djebar. 

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LEE SHULMAN ET OMAR VICTOR DIOP, Being there, 2024.
Avec l’aimable autorisation des artistes.

Les Méditerranées

Partenaire de cette 57ème édition, le magazine Diptyk accompagnera les trois expositions de la Saison Méditerranée dont celle de Katia Kameli, mais aussi « Méditerranée, Est-ce là que l’on habitait ? » de Anne-Lise Broyer autour du motif de la ruine, dont on avait pu découvrir le travail à l’Institut français de Tanger à l’été 2024,  et « Goudron : Tanger – Le Cap » de Bruno Boudjelal qui a arpenté les bitumes du continent africain pendant 5 ans et dont « les cadrages décentrés, les photographies floues évoquent un temps suspendu »

Deux autres sections d’une programmation In comptant pas moins de 46 expositions exposeront des artistes du continent et du Sud. La section « Archives incertaines » invite le photographe sénégalais Omar Victor Diop qui, en collaboration avec Lee Shulman et The Anonymous Project, présente la série Being There dans laquelle il s’invite dans des photographies anonymes de familles américaines des années 1950-1960.

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HARRY GRUYAERT,
Carnaval, Belgique, Anvers, 1992. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

William Klein, Martin Parr et Harry Gruyaert

Le Prix Découverte Fondation Louis Roederer, placé sous le commissariat de la Franco-Béninoise Nadine Hounkpatin, distingue 7 lauréats dont le Sénégalais Souleymane Bachir Diaw. Son projet « Sutura » (désignant en wolof la « pudeur » et en latin l’exercice de la « couture ») cherche à montrer comment les tissus peuvent aussi révéler les mémoires familiales et les héritages culturels. La Fondation H présente la série (Tsy) Possible de la photographe franco-camerounaise Charlotte Yonga. Découverte en 2024 à la Yosr Ben Ammar Gallery de Tunis, la série Bent El Machta de la photographe tunisienne Amira Lamti consacrée aux rites nuptiaux dans le Sahel tunisien sera aussi l’un des moments forts de ce prix dédié aux artistes émergents. 

Parmi les grands noms de la photographie internationale, citons aussi les expositions consacrées à William Klein, à l’occasion du centenaire de sa naissance, à Martin Parr, Harry Gruyaert dont l’exposition « A sense of place » mêlera ses séries les plus emblématiques ou la photographe afro-américaine Ming Smith. Alors que l’on s’apprête à fêter le bicentenaire de la photographie, l’on ne peut que se réjouir que les photographes du Sud fassent une entrée remarquée dans ce rendez-vous incontournable de la photographie mondiale. 

Olivier Rachet

Les Rencontres photographiques d’Arles, du 6 juillet au 4 octobre 2026, partout dans la ville.

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CARLOS IDUN-TAWIAH,
De nombreuses raisons de vivre à nouveau, 2022. Courtesy de l’artiste et de Galería Alta.