Les trois moments forts de la foire ArcoLisboa

Alors que la foire d’art contemporain ArcoLisboa se cloturait hier (19 mai), revenons sur les trois moments forts de cette 4e édition qui orchestrait cette année un focus Afrique.  

tiago borges
L’installation C.o.n.s.t.r.u.c.t.i.o.n de Tiago Borges était présentée par la galerie Jahmek Contemporary Art (Luanda-Angola)

#1 L’Angola récompensée

La galerie Jahmek Contemporary Art de Luanda remporte le prix « prémio opening » qui récompense une galerie de moins de 7 ans pour l’originalité de son stand. Un distinction forte pour cette enseigne angolaise qui ouvrait il y a tout juste un an. Jahmek Contemporary Art y présentait une installation de Tiago Borges,  C.o.n.s.t.r.u.c.t.i.o.n.

Dans la lignée de ses précédents travaux sur l’iconographie héraldique, Tiago Borges superpose ici plusieurs symboles : le livre, l’étoile, la machette et la bêche rappellent notamment le drapeau et les armoiries de l’Angola.

En décomposant ces signes visuels tributaires d’une histoire nationale, l’artiste déconstruit le message que ceux-ci véhiculent pour les ouvrir à d’autres associations d’idées et d’autres significations.  Que seraient l’Angola ou l’Afrique débarrassés de leurs « archétypes ratés, ennuyeux et mous »? La question est ouverte et très ironique ainsi posée au coeur de l’ancienne métropole.

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#2 Le passé colonial exhumé par Carlos Noronha Feio et Délio Jasse

La galerie londonienne Narrative projects mettait en scène une première collaboration entre l’artiste portugais Carlos Noronha Feio et l’Angolais Délio Jasse que nous avions découvert au Rencontres de la photographie de Bamako 2017.

Ils y exposent notamment des collages composés d’archives coloniales et de citations de Castro Soromenho (1910 – 1968), écrivain et grand oncle de Carlos Noronha Feio, connu pour ses positions anti-coloniales et ses critiques envers la dictature de Salazar.

Ce projet commun met en évidence le rôle central de la photographie dans l’étude et la compréhension du passé colonial de l’Angola.

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 #3 La scène africaine s’expose dans un très beau palais décati rue Madalena

En parallèle de la foire, plusieurs galeries du continent ont proposé des expositions collectives. Sonia Marina Vieira Ribeiro et André Cunha de la galerie This is not a white cube (Luanda- Angola ) ont invité 14 artistes originaires des 4 coins de l’Afrique à exposer dans un très beau palais décati rue de Madalena, au coeur de Lisbonne. « Space In between » explore la notion de métissage culturel. Lors du vernissage vendredi, Januario Jano a réalisé sa remarquable performance inspirée de la Cène, Homo Supper.

Avec Alice Marcelino, Cristiano Mangovo, Evans Mbugua, EL Loko, Filipe Branquinho, Gonçalo Mabunda, Hako Hankson, Jano Januario, Justin Andrew, Marion Boehm, Monique De Miranda, Nelo Teixeira, Patrick Bongoy et Pedro Pires.

Une exposition à découvrir jusqu’au 28 mai. Envoyée spéciale à Lisbonne, Jeanne Mercier.

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