Taper pour chercher

Mous Lamrabat/Artsimous : Trafic d’influences

Partager

Mous Lamrabat et Artsimous, le binôme qu’il forme avec Artsi, cassent les codes de la mode avec humour. Ces deux géniaux faiseurs d’images seront prochainement présentés à la foire Akaa par les galeries Voice et Number 8, ainsi que dans plusieurs festivals photo. 

Les journalistes et le public se perdent parfois à la lecture de ses images. Commande, travaux personnels ? Mous Lamrabat se joue de la société de consommation en faisant se côtoyer vraies et fausses marques. Contrefaçons de Dior, Burberry ou Nike, mais aussi des modèles hybrides qu’il invente, en mixant une casquette Louis Vuitton avec un cornet de frites McDo en guise de visière. Mous Lamrabat a compris que l’apparence est reine dans la mode mais qu’elle peut tout aussi bien servir à questionner nos représentations.

Mous Lamrabat, Fatimatroesjkas #1, 2018-2019 © Mous Lamrabet. Courtesy de l'artiste et Galerie Number 8

Ce photographe de 36 ans s’est d’abord formé en tant que designer d’intérieur avant de se tourner vers l’image. Aujourd’hui, il vit à Gand en Belgique et ce n’est sûrement pas un hasard, puisque cette capitale de l’ancien comté de Flandre est une grande cité drapière et l’une des villes les plus pointues en matière de mode. Il collabore régulièrement avec différents magazines comme Naatal, Tush Magazine ou encore Stylist France.

Dans sa série Corsair Kingdom au nom évocateur, ses deux modèles prennent la pose dans le désert avec des accessoires incongrus. Habillés de gandouras blanches traditionnelles, les yeux voilés comme des œillères de cheval, on ne sait de quoi ou de qui ils se cachent. Plus loin, ils portent une couronne en forme de cœur ou des figurines gonflables de Spiderman. Ou encore, tels des reines de beauté, Mister and Mister Djellabanciaga arborent solennellement des écharpes Balenciaga.

Mous Lamrabat, Welcome to Mars //9, 2019 © Mous Lamrabet. Courtesy de l'artiste et Galerie Number 8

La mode est un jeu d’enfant

Ces photographies, pour la plupart réalisées dans des décors naturels rappelant les paysages marocains, jouent avec les couleurs et textures mêlant luxe ostentatoire et tradition orientale.  Le voile comme le drapeau marocain sont à la fois des accessoires et des symboles. Il y a aussi un côté jeux d’enfants dans ces mises en scène où le déguisement pose la question plus générale de l’industrie de la mode et de sa globalisation. Les titres sont d’ailleurs évocateurs : Un conte de fées marocain, Space cowboys ou encore Space Ninja.

Artsimous, L'houb #1, 2018-2019 © Artsimous

Comme ses confrères et consœurs, notamment Kristin Lee Moolman ou Hassan Hajjaj, Mous Lamrabat s’est approprié l’outil Instagram qui, à la façon d’un book, a permis à ses images de devenir virales. Après l’exposition « Mousganistan » en février dernier au Musée Stedelijke à Saint-Nicolas en Belgique, c’est une belle fin d’année qui s’annonce pour le photographe, avec une exposition collective à Paris intitulée « Moroccan Portraits » curatée par Armelle Dakouo, puis la participation au Lagos Photo Festival et au Photo Vogue Festival à Milan. À Paris encore, Mous Lamrabet sera représenté à AKAA la Galerie belge Number 8, comme l’explique sa fondatrice Marie Gomis-Trezise : « Pour la troisième participation de Galerie Number 8 à Akaa, il était important pour moi de souligner la diversité de l’Afrique et sa diaspora. C’est pour cela que je présente  Mous Lamrabat qui mixe différentes cultures, et tout cela avec beaucoup d’humour. »

Jeanne Mercier

Artsimous, Souvenir du Maroc #2, 2018-2019 © Artsimous
Artsimous, Souvenir du Maroc #4, 2018-2019 © Artsimous
Tags:

Vous pouvez aimer aussi

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Retrouvez-nous sur Instagram
@diptykmagazine
Instagram n'a pas retourné le status 200.